Malgré l'interdiction, la CDT maintient la "marche des bougies" en mémoire de "Chouhada Koumira"

Malgré une série d'interdictions, la centrale syndicale CDT maintient sa "marche des bougies" organisée en mémoire des victimes des émeutes du 20 juin 1981.

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La Une du journal libération le 20 juin1981. (c) DR

La Confédération démocratique du travail (CDT) maintient sa « marche de bougies » prévue aujourd’hui dans plusieurs villes du royaume en commémoration des événements meurtriers du 20 juin 1981. À Marrakech, Tanger, Guercif, Benguerir ou encore Khemissat, la manifestation annoncée par la CDT a été interdite par voie orale ou écrite par les autorités au motif de « maintien de l’ordre », nous assure-t-on de source syndicale.

« La décision des autorités d’interdire ces marches commémoratives est insensée. Nous sommes une organisation responsable et sortir l’argument de la sécurité n’est pas valable« , nous explique Abdelkader Zayer, secrétaire général adjoint de la CDT. « Si on nous interdit de manifester que nous restera-t-il? C’est notre mission de porter tout haut les revendications de la population. Et c’est avant tout un droit constitutionnel« , ajoute le syndicaliste qui précise que les interdictions ont été notifiées pour l’essentiel par voie orale.

Cette année, la CDT a opté pour une nouvelle manière de commémorer les émeutes survenues à Casablanca. « Nous avons choisi les bougies pour leur symbolique. C’est une nouvelle forme de protestation élégante et plus artistique. On ne veut pas que les marches ressemblent à des funérailles » argue le SG adjoint de la CDT.

Les marches sont prévues un peu partout au Maroc après la prière des Tarawih. Si la CDT est à l’initiative de l’événement, ses dirigeants n’excluent pas la participation d’autres organisations. « Nous sommes ouverts à tous, à condition que les consignes de la CDT soient respectées« , indique Zayer.

Il y a 36 ans jour pour jour, la ville de Casablanca s’est embrasée. Une grève générale initiée par la CDT pour protester contre la hausse des prix des denrées alimentaires s’est transformée en un bain de sang. La police antiémeute tire à balles réelles sur les manifestants faisant des milliers de morts, selon les syndicats et les ONG à l’époque.

Les autorités évoquent 66 morts à l’époque, mais l’Instance équité et réconciliation (IER) avancera plus tard le chiffre de 114 morts identifiés. « On commémore un instant de lutte des forces ouvrières, c’est une manière de rendre hommage aux personnes qui ont péri ce jour là« , conclut Zayer.

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