Emoi après la mort de deux journalistes en reportage à Mossoul

Un journaliste français, Stephan Villeneuve, a succombé à ses blessures le 20 juin. Il avait été blessé la veille par l'explosion d'une mine à Mossoul en Irak, qui avait aussi tué son confrère irakien.

Par

Frappe aérienne, Mossoul-Ouest, 6 mars 2017. (AFP / Aris Messinis)

Stephan Villeneuve, qui enquêtait pour l’émission « Envoyé Spécial« , et deux autres journalistes français avaient été blessés lors de l’explosion, selon la direction de l’information de France Télévisions et Reporters sans frontières. La bombe avait tué la veille leur « fixeur« , le journaliste kurde Bakhtiyar Addad qui les accompagnait pour réaliser leur reportage.

Journaliste reporter d’images, Stephan Villeneuve avait couvert de nombreux conflits à travers le monde, et effectuait un reportage avec Véronique Robert sur la bataille de Mossoul. Il devait être diffusé dans le magazine Envoyé Spécial sur France 2. « La direction et les équipes de France Télévisions s’associent à la douleur de sa compagne Sophie, de ses quatre enfants, de sa famille et de tous ses proches. Elles leur présentent leurs plus sincères condoléances« , indique le communiqué de la direction de l’information de France Télévisions envoyé dans la nuit à l’AFP.

Dans l’après-midi du 19 juin, France Télévisions et Reporters sans frontières avaient annoncé les blessures des trois journalistes français qui accompagnaient les forces spéciales irakiennes dans la bataille pour reconquérir la deuxième ville d’Irak. Aux mains Daech, quelque 100.000 civils sont « retenus comme boucliers humains » par les jihadistes dans la ville, selon l’ONU.

Deux des journalistes blessés travaillaient pour l’émission Envoyé Spécial, et Samuel Forey pour Le Figaro, Télérama et Les Inrocks. La mort du journaliste kurde qui les accompagnait a suscité une vive émotion.

Mouvement de solidarité

La mort du « fixeur » et journaliste irakien a ému la presse et les journalistes français. Nombre de ces derniers avaient eu recours à lui pour réaliser des reportages par le passé. « Bakhtiyar Haddad, journaliste kurde, riait beaucoup, de tout et avec qui le voulait bien. Il était capable de dérider des colonels irakiens sentencieux et des gardes austères et procéduriers de check-points kurdes. Il riait avec les soldats, les civils et les journalistes français qu’il accompagnait à Mossoul« , écrit le quotidien français Libération dans un portrait lui rendant hommage.

Les messages de soutien de journalistes de terrain tels Nicolas Hénin, ex-otage en Syrie, mais aussi des patrons de presse comme Delphine Ernotte (France 2) se succèdent sur les réseaux sociaux. Une cagnotte a été lancée sur Leetchi pour aider sa famille. Pour l’instant, 117 personnes ont participé. 

(Avec AFP)

article suivant

Jerada : du soulèvement de la rue au soulèvement par les urnes