8 manières efficaces et non répressives de lutter contre la toxicomanie au Maroc

Dans son livre "Drogues, la réalité marocaine", le toxicologue Mohamed Ben Amar dresse un listing des drogues consommées au Maroc et estime que la prévention demeure l’arme la plus efficace pour lutter contre la toxicomanie.

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De l’alcool à l’amphétamine, en passant par le cannabis, mais aussi la cigarette électronique, Mohamed Ben Amar, professeur en biologie clinique et en pharmacologie dresse un tableau exhaustif de la réalité des addictions au Maroc. Dans son ouvrage « Drogues, la réalité marocaine » paru aux éditions La croisée des chemins, ce professeur de toxicologie à l’Université de Montréal passe en revue un large éventail de drogues (17 au total) consommées au Maroc. « Pour chaque substance, sont étudiés la présentation, l’historique, les effets aigus et chroniques, les effets chez la femme enceinte et lors de l’allaitement, les indications thérapeutiques, la tolérance, la dépendance, l’épidémiologie et la législation « , peut-on lire sur la quatrième de couverture. Mais l’ouvrage évoque également l’importance et la place centrale que doit occuper la prévention dans la lutte contre la toxicomanie. En se basant sur cette publication, Telquel.ma dresse 8 manières préventives et efficaces de lutter contre ce fléau au Maroc.

Informer objectivement les Marocains

Un des moyens de lutter efficacement contre les drogues serait de « distribuer gratuitement et à large échelle des documents« , explique le toxicologue. Mohamed Ben Amar insiste notamment sur l’importance de propager une « information objective et vulgarisée sur les faits et méfaits des drogues » pour lui, il est tout aussi important d’encourager « l’adoption et la mise en place des programmes de prévention« .

Sensibiliser dès le plus jeune âge

Il n’y a pas d’âge pour être informé sur les méfaits des drogues. D’ailleurs, il serait bénéfique, explique l’auteur, de « sensibiliser les jeunes dès l’école primaire aux dangers des drogues« , tout en les encourageant à adopter des activités saines, comme la pratique d’un sport.

Impliquer les pharmaciens

Pour mieux combattre la toxicomanie, l’auteur préconise de mêler les pharmaciens à cette lutte. Pour Ben Amar, « il faut impliquer davantage les pharmacies dans la distribution d’aiguilles et de seringues stériles, la récupération d’aiguilles et de seringues souillées et la prise de la méthadone par les patients« .

Diminuer les comportements à risques

Au Maroc, les tabous sociaux continuent de freiner le combat contre la toxicomanie. Mohamed Ben Amar estime qu’il n’y a pas d’autres choix que de « distribuer gratuitement des préservatifs, adopter des pratiques sexuelles responsables et sécuritaires pour ne pas propager les maladies infectieuses, apporter un soutien aux prostituées », si l’on veut diminuer les comportements à risques chez certains usagers de drogues.

Rééduquer par la campagne

Il n’y a aucune honte à s’inspirer des expériences qui ont réussi dans des pays étrangers, même si elles peuvent paraitre étranges. Ainsi, l’auteur préconise de prendre exemple sur les Pays-Bas, dont le gouvernement a subventionné des « fermes de soins, dans lesquelles les (ex)toxicomanes apprennent à restructurer leur emploi du temps afin d’acquérir un rythme de travail régulier« , aidés notamment par les agriculteurs.

Focaliser l’attention sur les jeunes

Mohamed Ben Amar recommande de « focaliser l’attention sur les jeunes de 15 à 24 ans dont le cerveau est plus sensible et plus vulnérable aux effets nocifs des drogues« . Les pouvoirs publics devraient également « améliorer la qualité de vie des jeunes de la rue en luttant contre la pauvreté, l’itinérance, les situations de crise, la marginalisation et le rejet social ».

Ouvrir des centres d’injection supervisés

Cela se fait ailleurs dans le monde. Le Maroc pourrait emprunter lui aussi cette voie, et « ouvrir des centres d’injection supervisés dans les zones à forte consommation de drogues« . L’auteur assure que ces « installations légalement approuvées permettraient aux usagers de drogues injectables de s’injecter leur propre dose de drogue de manière sécuritaire et dans une atmosphère dépourvue d’anxiété et de stress, dans des conditions d’hygiène optimales et sous supervision d’un personnel médical« .

Rejeter les discours moralisateurs

Non seulement ils sont stigmatisants, mais ils sont surtout inefficaces. Les discours moralisateurs et les préjugés doivent absolument être rejetés. De même que la discrimination des toxicomanes. « Ces personnes doivent être traitées avec dignité et respect« , avance l’auteur qui ajoute qu’ « il ne faut pas les blâmer, mais tisser une relation de confiance avec elles qui se développera avec le temps et facilitera ultérieurement leur désintoxication et réadaptation« .

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