Abou Hafs appelle à « un débat sérieux » sur l’égalité dans l’héritage

L'ancien détenu salafiste estime qu'un "ijtihad" dans le domaine de l’héritage est nécessaire en raison de l’évolution de la situation de la femme.

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Abou Hafs © Yassine Toumi

Dans l’ouvrage « Les hommes défendent l’égalité en héritage »,  la galeriste Hakima Lebbar donne la parole à 100 hommes qui s’expriment sur la question de l’héritage dans l’islam. Parmi les personnes choisies pour participer à la rédaction de ce recueil, l’ancien détenu salafiste Mohamed Abdelouaheb Rafiki plus connu sous le nom d’Abou Hafs qui appelle à un ijtihad dans le domaine de l’héritage.

Dans sa tribune, l’ancien salafiste, qui dirige le centre des recherches et d’études « Al Mizane » sur les questions d’extrémisme, plaide tout d’abord pour un ijtihad « effort de réflexion, ndlr) sur la religion. Une réflexion qui, selon Abou Hafs,  ne doit pas concerner « les pratiques religieuses  » comme la prière ou encore le jeûne, mais les codes régissant « les interactions en société ».  Celui qui est également membre de l’Istiqlal estime que l’ijtihad permet de « protéger la religion » et d’éviter que celle-ci ne soit enlisée « dans une stagnation » qui engendrerait des « complications ». Pour Abou Hafs, l’ijtihad constitue également une « protection » pour les croyants qui pourraient chercher des réponses à certaines interrogations « ailleurs  ».

Pour étayer son propos, l’ancien détenu salafiste affirme que l’islam a rendu « plus raisonnables, justes et compatibles » des « coutumes » datant de l’époque préislamique. Dans ce sens, il estime que l’évolution « des législations et de leur mise en adéquation à une réalité changeante » permettrait « de rester fidèle  » à l’esprit de l’islam. En raison des « changements » qu’a connus la situation de la femme depuis l’avènement de l’islam, sur les plans «  culturel, économique, social et politique » , Rafiki estime qu’une « relecture des textes prenant compte de ses nouveautés  » s’impose.  L’ancien détenu salafiste précise néanmoins que l’ijtihad dans le domaine de l’héritage ne signifie pas un « changement immédiat des lois ”, mais  l’ouverture d’un « débat sérieux ».

 

 

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