Satisfecit national et international après l'admission du Maroc à l'UA

Nombre de pays dans le monde ont réagi au retour du Maroc au sein de l'Union africaine, 33 ans après son départ de l'OUA. Synthèse des réactions.

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Au lendemain de l’admission du Maroc au sein de l’Union africaine les réactions au niveau national et international ont afflué pour saluer majoritairement le retour du Maroc au sein de l’Union africaine, 33 ans après l’avoir quittée, même si de rares voix dissonantes se sont aussi fait entendre.

Les premières réactions viennent du Maroc où les partis politiques se sont exprimés sur cet événement « important« . Le PAM, le PSU et l’USFP y voient une nouvelle étape dans la résolution « du conflit autour de la marocanité du Sahara« , alors que le PJD et l’Istiqlal ont préféré mettre en avant l’africanité du Maroc et le retour à la « légalité« . Le RNI et l’UC se sont, de leur côté, attardés sur le discours du roi tout en saluant « la clairvoyance de la politique royale« .

Au niveau continental, l’Afrique a dans sa grande majorité salué le retour du Maroc au sein de l’institution. Du Tchad à la Tanzanie en passant par le Libéria, le Bénin, le Nigeria, ou encore la Centrafrique, tous s’accordent sur les retombées positives de cette réintégration. « Union », « développer des relations de confiance « , « voie de l’unité », « nouvelles opportunités de développement », « progrès » , « acteur clé »… Par ces mots porteurs d’espoir, les chefs d’État et les garants de la diplomatie du continent ont accueilli chacun à sa manière le nouveau membre de l’UA.

Même NkosazanaDlamini-Zuma, la présidente sortante de la Commission de l’UA, connue pour ses positions hostiles au Maroc, a salué une « décision historique de réunir la communauté africaine« .

Opportunité économique selon l’Europe et les États-Unis

Côté européen, le retour du Maroc dans l’UA est vu sous un prisme économique. Pour l’Union européenne et sa porte-parole de Federica Mogherini, l’admission du royaume devrait « consolider le partenariat croissant » de l’Union européenne avec l’Afrique. Le Quai d’Orsay y voit la »stabilité et le développement du continent africain« . Même son de cloche du côté du Foreign Office britannique, qui qualifie le retour du Maroc de « forte impulsion à la coopération régionale, une coopération renforcée ». L’Espagne se démarque et préfère quant à elle mettre en avant ses « excellentes relations avec le Maroc« .

Plus loin, au pays de Donald Trump, le département d’État américain voit en ce retour une contribution positive « à davantage d’intégration économique » en Afrique, mais aussi à « la stabilité et la sécurité du continent« .

La Ligue arabe n’est pas en reste. Pour son président Ahmed Gheit, la réintégration du royaume est « une valeur ajoutée importante et positive » pour la maison africaine, compte tenu du poids du Maroc. C’est également une occasion pour la Ligue de « resserrer ses liens » avec le royaume.

Cohabitation « Maroc et RASD » pour l’Algérie

Du côté des adversaires du Maroc, on préfère mettre l’accent sur la « cohabitation » qui se profile entre le Maroc et la RASD au sein de l’organisation panafricaine. « Aujourd’hui, le Maroc siège en même temps avec la RASD et c’est une avancée qu’il va falloir reconnaître et ça peut être aussi une prévalue pour maintenir la cohésion et l’unité de l’organisation africaine« , affirme Abdelkader Messahel le ministre algérien des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes.

Le Polisario a souhaité « la bienvenue au Maroc« , voyant dans ce retour une étape qui permettra aux pays du continent « y compris les amis du Maroc » de travailler pour que le Maroc et les séparatistes « règlent leur conflit« .

Décision « regrettable  » selon l’ANC

C’est du côté de l’Afrique du Sud que l’on enregistre la réaction la plus hostile au retour du Maroc. L’ANC, le parti au pouvoir, a qualifié de « regrettable«  la décision de l’Union africaine de réintégrer le Maroc. La formation du président Jacob Zuma va même plus loin, expliquant que cette « décision représente un revers important pour la cause du peuple sahraoui et sa quête de l’autodétermination et de l’indépendance« . Le pays de Nelson Mandela avait déjà donné le ton le jour même de l’officialisation du retour en lançant que « la démocratie est la démocratie, mais la majorité n’a pas toujours raison« .

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