Merry Krimau: "Si l'équipe nationale ne se qualifie pas pour les 1/4 de finale le constat d'échec sera indéniable"

Ancien attaquant international marocain, Abdelkrim Merry Krimau a atteint les demi-finales de la CAN en 1986 et 1988. Toujours impliqué dans le milieu du ballond rond notamment à travers l'académie qu'il dirige à Casablanca, l'ancien buteur des Lions de l'Atlas revient avec TelQuel.ma sur le début de campagne du Maroc dans cette CAN 2017.

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Crédit : Aicpress

TelQuel.ma : Quelle analyse faites-vous de la première rencontre du Maroc , battu par la RDC (0-1) lors de la première journée?

Merry Krimau : C’était un très bon match sur le plan du travail et de la tactique. L’équipe a bien joué, mais a cruellement manqué de la réussite. À mon avis, tout ce qui nous manque c’est de finir nos actions, c’est à dire, marquer des buts.

Les problèmes offensifs constatés ne sont pas étrangers aux forfaits enregistrés à la dernière minute. Renard va-t-il regretter d’avoir laissé de côté un joueur comme Hakim Ziyech?

C’est vrai qu’on a des difficultés au niveau de l’efficacité offensive, mais je préfère ne pas parler des joueurs qui ne sont pas là. Je ne vais pas rentrer dans la polémique. Le sélectionneur a fait un choix, et c’est son droit puisque c’est lui qui est en charge de l’équipe nationale. On pourra lui reprocher ce qu’on voudra après la CAN. Pour l’instant, le tournoi vient de démarrer. Certes il a perdu le premier match, mais il lui en reste encore deux. Attendons quand même de voir ce qui va se passer lors de ces deux matches contre le Togo et la Côte d’Ivoire, pour voir s’il avait raison de prendre tel joueur et de laisser de côté tel autre.

Peut-on être vraiment surpris de ce début de tournoi au vu de la préparation?

L’équipe a effectué son stage normalement. À mon avis il lui fallait une autre rencontre amicale à disputer, parce que le seul match disputé contre la Finlande (défaite 1-0) n’était pas suffisant. C’est dommage, parce qu’avec deux matches amicaux, Renard aurait mieux maîtrisé son équipe et son schéma tactique.

Même si le Maroc avait disputé deux matches amicaux, il aurait alors affronté l’Iran en plus de la Finlande. Est-ce le type idéal d’adversaire lorsqu’on prépare une Coupe d’Afrique des nations?

Pour moi, que ce soit la Finlande ou n’importe quelle équipe nationale, l’essentiel c’était de disputer deux matches. Je trouve d’ailleurs que l’Iran est une équipe qui joue très bien au ballon et qui a de très bons joueurs. On aurait vraiment dû lui trouver un remplaçant, ce qui n’a pas été fait. Dommage.

Avant son premier match, Renard a estimé que c’était peut-être mieux pour l’équipe d’arriver avec le doute de la défaite contre la Finlande plutôt que d’aborder la compétition en étant trop tranquille. Qu’en pensez-vous?

Le match contre la Finlande était un test, et donc il n’était pas très important. Il avait pour seule vocation de permettre à Renard de tester une tactique en situation réelle. On a perdu, mais ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est pas un match qui nous a fait mal. Ce qui a fait mal, c’est cette défaite d’entrée contre le Congo où on a même touché le poteau par Boussoufa en première mi-temps. C’est toujours mieux pour le moral de débuter un tournoi par une victoire. Là on est groggys, et la pression est sur l’équipe marocaine pour les prochains matches.

Dans un tel contexte, que pensez-vous des chances des Lions de l’Atlas d’accéder au second tour?

Pour le moment, il n’y a qu’un seul match de joué. Si Renard n’arrive pas à qualifier l’équipe pour les quarts de finale, le constat d’échec sera indéniable. Pour le reste je ne suis pas voyant. Je suis un footballeur, et tout ce que je sais,  c’est qu’il faudra gagner le match de vendredi.  À partir de là, on pourra discuter de la suite.