Maati Mounjib questionne Al Adl Wal Ihssan sur ses postions

L’historien a questionné la position de la Jamaâ sur la monarchie, la laïcité et l’égalité des sexes.

Par et

crédits : Rachid Tniouni

Invité par l’organisation islamiste Al Adl Wal Ihssane, pour la commémoration du quatrième anniversaire du décès de son fondateur cheikh Abdeslam Yassine, l’historien Maati Mounjib a rapporté ce qu’il appelé les « questionnements de la gauche » sur les positions de la Jamaâ, samedi 17 décembre à Salé, en présence de plusieurs figures du paysage politique marocain, comme Mhammed Lakhlifa, leader du parti de l’Istiqlal, Abdellah El Harrif, ancien secrétaire général d’Annahj Addimmocrati, ou encore l’ex présidente de l’association marocaine des Droits de l’homme, (AMDH), Khadija Riadi.

Maati Mounjib a expliqué lors de son intervention que la « non clarté de la Jamaâ empêche l’installation d’un climat de confiance avec la gauche », avant d’enchaîner les questions directes adressées aux leaders de la Jamâa, « est-ce que vous voulez renverser la monarchie et placer un autre régime à sa place ? Ou vous voulez juste remplacer un « Emir » par un autre ? Quelle est la nature du régime que vous voudriez instaurer ? », Et de rajouter, « quelle est votre position sur les libertés individuelles et de la liberté de conscience ? Reconnaissez-vous l’égalité complète, celle de l’héritage, et est-ce que la femme peut devenir chef d’Etat ? »

Le morchid (le guide, ndlr) de la Jamaâ, Ahmed Abbadi est resté très évasif sur les questions de l’historien, « La Jamaa d’Adl Wal Ihssane veut l’Etat du coran, l’Etat de la bienfaisance, et l’Etat de l’humain », a répondu le chef de file de l’association islamiste, avant de renchérir, « L’imam Abdeslam Yassine, était une école qui a préparé les bases d’un projet capable d’assurer le bonheur de toute l’humanité, c’est le projet actuel d’Adl Adl Wal Ihssane« , une réponse vague, qui n’a pas plu aux personnalités de gauche laïques, présentes à l’événement.

Depuis 2014, le dialogue entre le camp gauchiste et la Jamaâ s’est accentué, des conférences et des rencontres se sont multipliées menées principalement par des noms comme Hassan Bennajah et Omar Aherchane du coté d’Al Wal Ihssane, et l’économiste Fouad Abdelmoumni, Maati Mounjib, ou Abdellah El Harrif, ancien secrétaire général du parti d’annahj Addimocratti, du coté de la gauche.

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