Les contacts se multiplient entre Al Adl Wal Ihsan et la gauche radicale

Le front social et les luttes de solidarité contre la répression sont des moments privilégiés pour le dialogue entre la Jamaâ Al Adl Wal Ihsan et la gauche. Les deux tendances plaident ouvertement pour un rapprochement.

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Le dialogue entre la gauche radicale et le mouvement islamiste s’accentue. Le 19 mars, avait été une journée qui en a fourni quelques indices et sur laquelle Telquel.ma a pu obtenir quelques indiscrétions.

Devant le Parlement, Hassan Bennajeh, membre du secrétariat général du cercle politique de la Jamaâ Al Adl Wal Ihsan était aux côtés de nombreux militants de gauche, parmi lesquels le secrétaire général du PADS Abderrahmane Benameur, pour soutenir la liberté d’expression, et particulièrement l’historien Maâti Monjib. Rien d’étonnant lorsqu’on se souvient que Monjib, figure du mouvement progressiste qui se plaint d’être harcelé, avait été l’initiateur d’une série de rencontres et de débats entre la « gauche laïque » et les « démocrates islamistes » entre 2008 et 2010. Était aussi présent Rachid Ghoulam, chanteur populaire proche de la Jamaâ. Monjib voit là une double symbolique : « Nous demandons à que soit respectée la liberté de parole. Dans la mobilisation même pour cette cause, nous devons nous montrer capable de respecter différents points de vue« . Et de préciser : « Dans le monde arabe, le conflit entre forces laïques et islamistes est dévastateur. Il vaut mieux se rencontrer et discuter, y compris des différences de point de vue« .

Les bons conseils font les bons amis…

De son côté, Omar Iharchane, membre comme Bennajeh du secrétariat général du cercle politique de la Jamaâ, avait répondu présent le même jour à l’invitation faite par Annahj Addimoqrati, à une petite rencontre publique. Le sujet : la perception du parti par des acteurs extérieurs. Et il ne s’en est pas tenu à une présence symbolique et formelle. Il a été l’invité, à en croire des présents qui a le plus chaleureusement salué le travail de Annahj, assurant qu’il ne saurait y avoir de changements politiques réels sans sa participation. Mais l’islamiste a aussi donné un point de vue franc sur l’organisation marxiste, l’enjoignant à « marocaniser » son référentiel idéologique. Iharchane qui se félicite de cette invitation, une première venant de Annahj, espère voir d’autres rencontres de ce type. En 2014, son organisation avait invité une dizaine de personnalité de gauche à une rencontre informelle pour débattre de différents sujets. Selon lui, il s’agit de briser une politique du « diviser pour mieux régner« , qui entrave le changement.

Abdellah Harif, ex secrétaire général de Annahj, se réjouit de son côté d’une telle franchise. Et confie : « En ce moment, nous mettons un point d’honneur à un dialogue franc et ouvert avec les adlistes, alors que le front social est chaud« . Et de ne pas cacher que dans les coordinations locales des enseignants stagiaires, « les contacts sont ténus et maintenus entre nous« . Iharchane semble raccord à ce sujet : « la situation exige des contacts, même sans coordinations préalables« .

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