Benguerir : Un policier suspendu en attendant son jugement définitif pour viol

Dans une vidéo, la victime présumée du policier arrêté a dénoncé sa condamnation en première instance à une simple peine de prison avec sursis.

Par

Crédit Yassine Toumi

Un agent de police, poursuivi dans une affaire de viol à Benguerir, a été suspendu provisoirement par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) mercredi 16 novembre, en attendant le jugement définitif du tribunal. Cette décision intervient après l’émoi suscité par une vidéo publiée par sa victime présumée, qui a dénoncé le verdict léger contre le policier.

Wafae, une jeune femme qui a travaillé comme stagiaire au tribunal de première instance de Rhamna, avait publié le 5 novembre une vidéo sur YouTube dans laquelle elle raconte son calvaire. Elle y explique avoir été approchée par un policier en moto, qui lui a proposé de l’emmener chez elle. « Il me suivait depuis longtemps et voulait que je m’engage avec lui dans une relation » expliquait-elle, le visage caché.

Wafae acceptera finalement d’accompagner le policier.« Il insistait, il m’a dit qu’il est policier et qu’il ne me fera aucun mal (…) Mais au lieu de m’emmener chez moi, il a emprunté une autre destination en roulant à grande vitesse » poursuit-t-elle. Wafae raconte avoir été frappée et violée dans un terrain vague. « Après l’agression, je suis partie voir la police. Ses sœurs sont intervenues et m’ont demandé de me taire, car j’en sortirai perdante, et m’ont promis d’intervenir pour régler le problème » rajoute Wafae, qui regrette d’avoir observé le silence dans un premier temps.

Les choses vont se compliquer davantage pour Wafae, quand elle tombera enceinte de son présumé violeur. « Il essayait à tout prix de me forcer à faire un avortement, il me frappait dans la rue, des fois il descendait de l’estafette de police pour me tabasser devant les regards de ses collègues » détaille-t-elle encore.

La jeune femme se réfugie chez sa famille, qui l’encourage à déposer plainte. Le policier écopera seulement de deux mois de prison avec sursis, même si les résultats du test d’ADN ont confirmé le lien parental entre le policier et l’enfant né. « Que signifie deux mois de prison avec sursis devant mes peines ? Mes études que j’ai abandonnées ? Mes parents qui sont en douleur pour mon sort ? A-t-il versé des dessous-de-table ? Est-ce qu’on vit vraiment dans un État de droit ? » s’interroge Wafae, en sanglots.

Pour sa part, la DGSN explique dans un communiqué qu’elle a reçu, le 3 mars 2015, une plainte de la part d’une femme qui avance avoir été « victime de viol avec défloration ayant engendré une grossesse » par un agent de police exerçant à Benguerir. Le policier en question a été déféré le 24 mars 2015 devant le parquet, avant de comparaître devant le juge d’instruction. Ce dernier a ordonné à la police scientifique et technique d’effectuer une expertise génétique, qui a confirmé la lien biologique entre l’agent de police et l’enfant de la plaignante, rapporte la MAP. Un recours a été déposé devant la cour d’appel, et la jeune femme attend toujours le verdict.

 

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