Les autorités françaises lancent l’évacuation de la «jungle de Calais»

Les opérations de démantèlement ont débuté ce 24 octobre. Plus de 6 000 migrants sont concernés par l’évacuation de ce camp de migrants.

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Crédit: AFP
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L’évacuation du camp de migrants de Calais par les autorités françaises a commencé ce 24 octobre. Annoncée par le gouvernement Hollande fin septembre, l’opération, qui prévoit la relocalisation des milliers d’habitants que compte la « jungle », s’étendra sur deux semaines. Si le démantèlement se passe pour le moment dans le calme, la situation était très tendue dans la soirée du 23 octobre où des affrontements entre migrants et la police antiémeute ont eu lieu. Près de 1 250 policiers ont été mobilisés pour assurer le bon déroulement de l’opération.

Durant cette période, où les tentes et les baraques des migrants seront détruites, les habitants de la « jungle » seront déplacés vers des structures d’hébergement. Les migrants, qui viennent principalement du Soudan, de l’Érythrée, d’Afghanistan ou encore de Syrie, seront acheminés vers 400 centres d’accueil et d’orientation français. 3 000 départs sont prévus ce 24 octobre. Près de 1 300 mineurs non accompagnés feront, eux, l’objet d’attentions particulières, avec des procédures d’accueil accélérées initiées par la Grande-Bretagne. 194 mineurs ont déjà été accueillis outre-Manche.

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Décision précipitée

Cette opération n’est pas vue d’un bon œil par certains résidents de la « jungle », qui souhaitent s’établir en Grande-Bretagne. Selon Christian Salomé, président de l’association « L’auberge des migrants », près de 2 000 migrants ne veulent pas être relocalisés en France et auraient quitté le camp pour conserver leurs chances de traverser la Manche.

Pour sa part, le vice-président de l’association, François Guennoc, estime que la décision prise par le gouvernement français est précipitée. « Le gouvernement pense qu’en détruisant, cela va régler le problème migratoire, mais c’est une erreur: une bonne partie des gens qui vont partir reviendront, sans compter qu’il y a toujours de nouveaux arrivants, environ 30 par jour » déplore le responsable associatif.

Du côté de l’opposition de droite, on craint que le problème ne soit pas réglé mais seulement déplacé par cette opération, avec la création de « mini-Calais » dans les villes d’accueil.

Une situation de crise

Le camp de Calais, surnommé « la jungle » pour ses conditions particulièrement précaires, perdure sous différentes formes depuis le début des années 2000. La situation sur place a fait l’objet d’une attention médiatique renouvelée depuis la crise des migrants en 2015, durant laquelle le camp a connu un afflux massif de migrants qui caressent l’espoir d’entrer en Grande-Bretagne. Plusieurs démantèlements ont été tentés dont un, partiel, en début d’année et qui avait provoqué violences et affrontements avec les forces de police. Le campement suscite régulièrement des tensions diplomatiques entre la France et la Grande-Bretagne, renouvelant le débat sur l’immigration et l’accueil des migrants.

Anne-Myriam Abdelhak

Avec agences

 

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