Comment les autoroutes du Maroc veulent se mettre au vert

Autoroutes du Maroc se mobilise contre le changement climatique à travers plusieurs initiatives, en plus des projets de protection de l'énergie et de l’eau.

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Crédit : Yassine Toumi

La pluviométrie, une des conséquences importantes de ces changements, soumet le réseau routier à différentes difficultés telles que les inondations ou les sécheresses. Les sols deviennent plus vulnérables, notamment avec l’érosion des talus mais aussi des terrains mitoyens des autoroutes, pouvant compromettre la sécurité des usagers.

L’ADM a identifié 380 kilomètres de réseau considérés comme « très exposés » et trois bassins versants considérés comme « inondables » pour lesquels elle a mis en place des projets de protection et de prévention pour pallier ces risques éventuels, explique Annouar Benazzouz,  le directeur général d’ADM.

Stabilisation des talus par des plantes autochtones

Pour protéger les talus contre l’érosion et valoriser des terrains mitoyens, l’ADM, en collaboration avec la société allemande GIZ (Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), a mis en place « des techniques et procédés écologiques » souligne le directeur général d’ADM.

À titre d’exemple, ADM indique avoir développé en collaboration avec l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) une solution dite « végétalo-biologique » qui vise à lutter contre l’érosion des talus. Elle consiste à faire pousser des plantes autochtones sur les talus avec une retenue qui est à base de paille et de roseaux. Ce projet est basé sur la multiplication des semences sauvages par les agriculteurs riverains des autoroutes. La végétalisation concerne jusqu’à 10 000 hectares de terrains et permet, par ailleurs, de créer des emplois pour les agriculteurs.

« Les plantes interviennent par leur couverts végétaux en atténuant l’impact et l’agressivité de la pluie, mais aussi en créant un maillage avec leurs racines qui protègent le sol contre l’érosion » a indiqué pour sa part Chawki Faiz, directeur de recherche à l’INRA, précisant également que « les plantes sont aussi un moyen de séquestration du carbone. »

Projets de protection d’énergie et de l’eau

ADM a aussi développé des projets pour la sauvegarde de l’eau et de l’énergie. « Nous avons développé, avec des  laboratoires d’ingénierie marocaine, une technique appelée le compactage à sec car l’eau est aussi une ressource rare qu’il faut préserver. Avec cette technique, nous avons économisé quatre milliards de litres d’eau sur une zone aride lors de la construction du tronçon autoroutier Skhour-Agadir » explique Annouar Benazzouz.

Pour ce qui est de l’énergie, l’ADM veut arriver à une « autoproduction » qui permet de limiter les consommations énergétiques et contribuer aux efforts d’atténuation des émissions en gaz à effet de serre. ADM explique avoir multiplié les possibilités de production de l’énergie sur le réseau routier comme  l’exemple des nouveaux systèmes de chaussée producteurs d’énergie à partir des photovoltaïques. « ADM a mis en place des stations de production de l’électricité à base d’énergie solaire sur les gares de péage du réseau, a généralisé et renforcé l’efficacité énergétique des autoroutes, notamment à travers l’utilisation des LEDs. »

Autre lutte menée pour la protection de l’environnement, les déchets. Selon ADM, environ 3 000 tonnes de déchets sont jetées chaque année le long du réseau autoroutier. Une collecte sélective des déchets été mise en place. « Nous avons mis en place un projet de collecte des déchets afin de les valoriser en produits réutilisables dans l’exploitation des autoroutes : cônes, balises, amortisseurs de choc, murs de clôture, etc. » affirme ADM.

La première édition d’une conférence internationale sur la mobilité durable a été organisée par l’ADM en partenariat avec l’International Road Federation (IRF), l’Association européenne des concessionnaires d’autoroutes et d’ouvrages à péage (ASECAP), Partnership on Sustainable, Low Carbon Transport (Slocat), l’Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ) et l’association internationale permanente des congrès de la route (AIPCR), sous le thème « Mise en place des jalons pour une mobilité durable ».

 

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