Anouar Zyne de l'UC propose un partenariat public-privé pour gérer l'éducation

Le parti du cheval préconise le retour d'un service militaire non obligatoire ainsi que la mise en place d'un partenariat public-privé pour l'éducation. 

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Le 12 septembre, la chaîne de télévision 2M diffusait l’émission « Intikhabates  » qui a vu la participation d’Anouar Zyne, secrétaire général de la jeunesse de l’Union constitutionnelle (UC), venu présenter une idée pour le moins originale. Le représentant de la formation dirigée par Mohamed Sajid s’est fait remarquer en appelant à la réinstauration du service militaire. Contacté par Telquel.ma, M. Zyne précise sa pensée : « Nous désirons soumettre un projet de recours aux services paramilitaires, qui prendra la forme d’un stage de six mois au sein de l’armée pour les jeunes âgés 18 à 35 ans. Le but n’est pas de fabriquer des soldats, mais d’inculquer les notions de discipline et d’apprentissage, voire même instaurer une réappropriation des valeurs de patriotisme. D’ailleurs, les candidatures se feront spontanément. » 

Le leader de la jeunesse de l’UC estime également que l’école doit être recentrée « autour de ses principaux objectifs », insistant sur le fait que les élèves doivent savoir « lire, écrire, compter, avoir un corps sain et être dotés d’un esprit critique ». Ces points, peu détaillés pour l’heure, sont les clés de la réforme, selon lui. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, le discours focalise sur l’enseignement, mais devrait être centré autour de l’apprentissage mécanique et la récitation. » 

Partenariat public-privé

« Nous nous trouvons face un enseignement public en faillite, et ce n’est pas seulement la faute des enseignants », estime-t-ilM. Zyne préconise un modèle de partenariat public-privé, mais tient à souligner qu’« il ne s’agit pas de la privatisation de l’enseignement ». Depuis 2011, « l’État n’a plus le monopole de la prestation de l’éducation, mais il se doit de garantir l’accès à l’éducation à tous », explique le représentant de l’UC. Ce qui n’est pas contraire à l’institution de l’école publique. M. Zyne prône un modèle dans lequel l’État, à travers les régions, lancerait des appels d’offres. Un marché où les infrastructures sont mises à disposition par l’autorité publique.

En contrepartie, le prestataire, “expert de l’éducation”, bénéficiera d’un budget de 6 000 dirhams par an par enfant. « C’est ce que coûte la scolarité d’un enfant à l’État », précise Anouar Zyne. Et d’ajouter : « Des groupements d’intérêt général constitués d’enseignants regroupés dans un cadre coopératif ou des mastodontes de l’enseignement privé peuvent soumissionner à ces appels d’offres ». Il donne l’exemple de l’OCP, qui a lancé un appel d’offres dans ce sens, remporté par un groupe scolaire privé. « l’État paye et les élèves bénéficient des mêmes prestations comme dans le système privé », avance-t-il.

Autre point avancé. Les écoles privées justifient les frais de scolarité exorbitants par la cherté du foncier, les frais de construction et de maintenance des locaux. La parade ? « Ces écoles manquent d’espace alors que dans un lycée comme celui d’Ibnou Habbous au Maârif, seules 4 classes sur 54 font le plein. Il serait opportun d’utiliser ces infrastructures publiques » dans le cadre de partenariats, propose-t-il. Pour Anouar Zyne, l’Etat pourrait mettre à disposition les infrastructures existantes et utiliser l’expertise de l’enseignement privé.

« La solution n’est pas dans l’augmentation du budget »

Comment donc gérer les résistances ? « Les syndicats des enseignants seront les premiers à monter au créneau, mais il faudra leur expliquer qu’il s’agit d’une réaffectation du budget destiné à l’éducation », notifie-t-il. Car, selon lui, « la solution n’est pas dans l’augmentation du budget de l’éducation au détriment des autres secteurs comme celui de la santé ». Et comment s’assurer de la qualité de cet enseignement ? « Le ministère de l’éducation deviendrait une sorte d’agence de régulation pour contrôler l’enseignement dispensé au sein de ces établissements », réplique-t-il.

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