#Les50quiferontleMaroc. Partie 4/6: Réussir

Élus, acteurs économiques, membres de la société civile, artistes… ils ont moins de 40 ans et seront les décideurs et influenceurs de demain.

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Dresser une liste de ceux qui feront le Maroc de demain est un exercice toujours difficile. Toute sélection est forcément subjective et donc critiquable, c’est la règle d’un trombinoscope où, par principe, on ne peut jamais être exhaustif. Ceux que nous avons choisi de présenter incarnent, selon nous, le futur politique, économique, sociétal et culturel du pays. Nous avons mélangé des figures déjà connues, et à la carrière presque toute tracée, et de nouvelles têtes peu médiatisées mais qui font des choses intéressantes pour l’avenir du Maroc. Tous ont été choisis selon un principe : ils représentent une relève dans leurs domaines respectifs, ont de l’ambition pour eux-mêmes et pour leur pays. Nous avons voulu bien évidemment mettre en avant un maximum de femmes, mais nous avons buté sur une réalité bien locale : elles sont hélas toujours aussi peu présentes à des postes de décision, en politique et en économie. Une réalité qui doit changer. Nous y croyons et espérons qu’elles seront de plus en plus nombreuses à militer, à exceller, à oser, à créer et à entreprendre.

Le dossier est divisé en six parties, que nous publieront successivement sur Telquel.ma. Voici la quatrième sélection de profils.

Réussir

Youssef Saadani

Youssef Saadani, directeur des études économiques à la CDG

La tête carrée

Il est économiste en chef à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), qu’il a intégrée en 2012. Ce diplômé de Paris Dauphine, avec un master en macroéconomie de Sciences Po, a affûté ses armes à Bank Al-Maghrib pendant deux ans. En 2007, il quitte le Maroc pour les États-Unis pour rejoindre la Banque mondiale en tant qu’économiste. Il a travaillé sur des thématiques régionales, comme les réformes de l’environnement, des affaires, ou encore sur les systèmes de garantie de crédit dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Depuis son retour au Maroc, le directeur des études économiques à la CDG analyse les questions économiques nationales avec un regard différent. Youssef Saadani est par ailleurs porteur du projet EDUQIA, qui vise à expérimenter un “Programme d’accompagnement numérique des enseignants” pour améliorer la qualité de l’école primaire marocaine.

khadija ezzaoui

Khadija Ezaoui, chef de projet à Nareva Holding

Dans le vent

Elle est chef de projet à Nareva Holding, filiale énergétique du groupe royal SNI. Une structure qu’elle a intégrée en 2013, travaillant notamment pour la filiale Tarec où elle a participé à la construction du parc éolien de Tarfaya, le plus grand d’Afrique, capable d’éclairer une ville de 1,5 million d’habitants. Elle pilote actuellement l’extension du parc d’Akhfennir dans la même région. Native de Laâyoune, cette trentenaire sahraouie ne se contente pas de son statut de cadre dans la firme royale. Son intérêt pour les énergies propres l’a propulsée dans le monde associatif. Elle est, depuis 2012, vice-présidente de l’Association des professionnels de l’énergie renouvelable (APERS).

Photo Badr Alioua

Badr Alioua, directeur exécutif du groupe Attijariwafa bank

La finance dans la peau

En 2015, à 35 ans, il est classé à la 24e place dans le classement de l’Institut Choiseul, qui recense les 100 jeunes leaders économiques africains. Cette année-là, Badr Alioua est devenu directeur exécutif du groupe Attijariwafa bank en charge de la banque privée. Il a intégré le  groupe bancaire en 2004, année de la fusion entre Wafabank et la Banque commerciale du Maroc (BCM). Jeune diplômé de Ponts et Chaussées et de l’Ecole Polytechnique, Badr Alioua y a vu une opportunité professionnelle à saisir. La suite lui donnera raison puisque, après s’être fait la main dans la salle des marchés, il est promu directeur de Wafa Gestion à 28 ans. Il explique : “J’ai fait le choix de construire ma carrière professionnelle dans mon pays. Depuis, je n’ai pas changé d’avis et j’espère que dans 10 ans je serais toujours en mesure de contribuer autant que je peux à son développement”.

Youssef Moussaoui

Youssef Moussaoui, ingénieur chez Color Genomics

Révolution génétique

L’élève le plus brillant de l’histoire de l’école américaine de Casablanca (CAS) contribue à démocratiser l’accès à l’information génétique. À 29 ans, Youssef Moussaoui travaille sur toutes les demandes informatiques nécessaires à Color Genomics, une start-up américaine de la Silicon Valley, spécialisée dans la détection de mutations génétiques qui augmentent le risque de développer huit cancers. “L’information que nous traitons peut être incroyablement importante car certaines mutations peuvent élever le risque d’avoir un cancer du sein de 10% et jusqu’à plus de 80% par exemple”, explique-t-il. Et de poursuivre: “Obtenir ce genre d’information pouvait coûter plusieurs dizaines de milliers de dirhams. On essaye d’offrir un examen comparable à un prix très réduit”. Le test génétique de détection du cancer du sein développé par Color Genomics est considéré comme une révolution par la majorité des médias américains.

Ayman Cherkaoui

Ayman Cherkaoui, conseiller du Maroc pour la COP22

Ecolo pragmatique

Il est le couteau suisse du Comité de pilotage de la COP22 depuis décembre : multifonction en toute discrétion. Pour son plan d’action, la ministre Hakima El Haite, chargée de l’Environnement, peut compter sur cet ingénieur diplômé de McGill. Lorsqu’il s’agit d’assister aux négociatio ns à la Banque Mondiale ou au FMI, c’est sa casquette de juriste international qu’il dégaine. Sa thèse en finances, sur le point d’être bouclée à l’EM Lyon, est aussi un atout pour “la bonne compréhension de l’enjeu financier, primordial dans la feuille de route de la COP22”. À 32 ans, le CV d’Ayman Cherkaoui fait six pages. Son fil rouge ? Le développement durable. En la matière, il a gravi les échelons au sein d’un centre de recherche international au Canada. Son retour au Maroc ne date que d’avril 2015, à l’appel du cabinet de consulting Valyans, quelques mois avant de rejoindre le ministère de l’Environnement. “Les dernières semaines ont été un peu baroques, mais, hamdoullah, ça s’est bien passé”, commente-t-il à propos de son agenda du mois dernier qui l’a mené sur trois continents.

Idriss Aberkane

Idriss Aberkane, neuroscientifique

Wonderman de la science

À 30 ans, il est bardé de diplômes. Docteur en neurosciences cognitives et en économie de la connaissance obtenus à l’Ecole Polytechnique, Idriss Aberkane a aussi un doctorat en littérature comparée. Son parcours pourrait être envié par les scientifiques les plus brillants de sa génération. Infatigable, il est chercheur affilié à l’Université de Stanford et au CNRS, consultant auprès d’organismes comme le Medef (le patronat français), la marque de luxe Chanel ou encore Gaz de France, donne des cours à l’Ecole Centrale de Paris et des conférences un peu partout dans le monde. Cerise sur le gâteau, il est éditorialiste du magazine Le Point.

MOHAMED BENOUDA

Mohamed Ben Ouda, directeur général de la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL)

Ça roule

Cinq ans. C’est tout ce qui lui aura fallu pour se hisser du poste de directeur du développement de la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) à celui de boss de l’entreprise publique. Avant d’en arriver là, le manager de 37 ans a pris tout de même le temps de maîtriser un des métiers les plus stratégiques de la SNTL : la gestion de la chaîne logistique. Grâce à cette expertise, Mohamed Ben Ouda a réorienté la stratégie de l’entreprise afin qu’elle devienne incontournable sur toute cette chaîne : le transit de marchandises, la gestion de stocks, le transport, la manutention, la distribution et la messagerie. Au diapason de la stratégie nationale concernant la logistique, qui ambitionne d’accélérer la croissance de 0,5 point de PIB par an.

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