Tout ce qu'il faut retenir du congrès du PJD

A l’issue d’un vote lors du congrès extraordinaire du PJD, les participants ont voté le report du congrès national du parti jusqu’en 2017 afin de se « concentrer » sur les prochaines élections.

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Crédit: Rachid Tniouni
Crédit: Rachid Tniouni

Le PJD a organisé le 28 mai au complexe Moulay Abdallah à Rabat un congrès extraordinaire avec à l’ordre du jour, un seul point : le report de la date du congrès national du parti et la prolongation des mandats des responsables de toutes les instances du parti.

Lors de ce congrès qui a réuni plus de 1600 congressistes, il a été décidé à l’issu d’un vote, de reporter jusqu’en 2017 le  congrès national du parti de la lampe qui était initialement prévu en juillet prochain. Les responsables du parti vont donc rester à leurs postes jusqu’à l’année prochaine notamment le président du conseil national, le secrétaire général du parti, les membres du secrétariat général ainsi que les responsables régionaux et locaux du parti.  Le PJD devrait aussi garder ses instances actuelles. La décision du report a été votée par une  écrasante majorité  (1566 contre 73), soit près de 95 %  des congressistes présents.

Saâdeddine El Othmani le président du conseil national du parti justifie cette décision par l’impossibilité pour le parti de se préparer aux échéances législatives du 7 octobre prochain et  d’organiser en même temps un congrès national. « Les élections demandent  beaucoup d’énergie, de  concentration, de programmation et d’effort. Nous avons besoin de préparer, le projet électoral et la liste de candidats et faire le bilan du gouvernement actuel. On ne peut pas  gaspiller nos efforts  en organisant deux événements. On a décidé de travailler sur un seul volet, celui des élections et de reporter le congrès » a-t-il expliqué lors de son intervention.

Pour ce congrès extraordinaire, le PJD a voulu assurer le volet organisationnel.  Si les congressistes ont passé toute la journée avec une forte présence des média, le vote ne s’est toutefois pas fait à main levée. Le parti a distribué aux participants de petits papiers à déposer dans des urnes et sur lesquels étaient mentionnés les indications « Oui » et «  Non », donnant ainsi la possibilité aux congressistes de voter dans le secret.

A l’issue des résultats du vote certains responsables du secrétariat général du parti ( Benkirane, Rabbah, Othmani, Boulif etc. ) n’ont pas hésiter à esquisser quelques pas de danse pour fêter le report.

Benkirane s’attaque encore à El Omari et avertit l’Intérieur

Le secrétaire général Abdelilah Benkirane a ensuite pris la parole. Dans son discours, il a  notamment  fait savoir que « le PJD est un modèle très apprécié dans le monde ». « Le PJD n’est plus un parti politique, il est devenu une école. Aujourd’hui on donne une fois l’exemple que nous sommes le parti le plus démocratique au Maroc » s’est réjouit le chef du parti de la lampe.

Il  n’a pas manqué dans son intervention de s’attaquer encore une fois au PAM. « Ils ont tout fait pour nous éliminer de la scène politique mais ils ont échoué. On est toujours là et on ne fera pas un pas en arrière », a lancé Benkirane.

S’adressant à Ilyas El Omari, il lui « demande  d’aller ramasser [ses] torchons » parce que  « personne ne les achète », faisant ainsi référence aux journaux lancés récemment par le patron du PAM. Benkirane dit également ne pas  à comprendre comment El Omari «  peut prétendre  installer la modernité dans le monde rural alors qu’il ne l’a pas fait dans les villes ».

Benkirane  a aussi  adressé un message indirect au ministère de l’Intérieur sur le déroulement des élections. « Si les résultats ne sont pas ce que le peuple attend,  je n’ose pas imaginer comment il va recevoir la nouvelle » a-t-il menacé.

Enfin avec beaucoup d’optimisme, le patron du PJD assure que son parti sera « premier lors des prochaines échéances électorales ». « Toutes les indications et les statistiques jusqu’à présent nous donnent favoris » a-t-il ajouté tout en demandant aux responsables du parti au niveau national et régional et à ses partisans d’aller « refaire la campagne nationale pour l’inscription sur les listes électorales ».

Il conclut son discours en rappelant que la force du PJD « réside dans la confiance entre ses partisans, sa crédibilité auprès du peuple et son unité ».