Sahara : Le Maroc satisfait de la résolution du Conseil de sécurité

La diplomatie marocaine estime que la résolution constitue un «revers cinglant pour toutes les manœuvres du secrétariat général de l’ONU» et affiche son rejet d'un éventuel retour de la composante civile de la Minurso.

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Crédit : MAP

La réaction du Maroc n’aura pas tardé. Quelques heures après l’adoption, par le Conseil de sécurité de l’ONU, d’une résolution prorogeant le mandat de la Mission des Nations-unies au Sahara pour une durée d’un an, la diplomatie marocaine a réagi par voie de communiqué. Dans le texte paru le 29 avril, le royaume estime que cette résolution constitue un « revers cinglant pour toutes les manœuvres du secrétariat général de l’ONU ».

« Manœuvres de Ban Ki-moon »

Pour rappel, des tensions ont émergé entre le secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-Moon, et le royaume lorsque le Sud-coréen avait qualifié la présence marocaine au Sahara d’ “occupation”. Le numéro un de l’ONU, qui quittera ses fonctions à l’issue de l’année 2016, avait également appelé dans son rapport sur la Minurso à la mise en place d’une solution d’ “autodétermination”.

Des actes que la diplomatie marocaine qualifie de « manœuvres » visant « à altérer les paramètres de la solution politique, à ressusciter des options dépassées et à introduire des éléments non-reconnus par le Conseil de sécurité ». La diplomatie marocaine signale également qu’elle avait exprimé par l’intermédiaire d’une lettre officielle « ses réserves sur le dernier rapport dès sa publication, et son rejet total de certaines assertions contenues dans ce document ».

Le royaume note également que la résolution adoptée par le Conseil de sécurité « tranche avec toutes les tentatives de changement du mandat de la Minurso ». Une référence aux tentatives du secrétariat général et de la diplomatie américaine d’ajouter une composante de surveillance des droits de l’homme à la mission onusienne en 2013 et en 2014.

Rejet du retour de la composante civile de la Minurso

La résolution adoptée ce 29 avril par le Conseil de sécurité appelle également au rétablissement de la Minurso dans la plénitude de son mandat.

A ce sujet, le Maroc signale qu’il poursuivra « dans le plein respect des décisions qu’il a prises, le dialogue pour parvenir à un paquet de sortie de crise qui permette l’atténuation des dérapages graves du secrétaire général lors de sa visite dans la région, et la garantie du bon fonctionnement de la Minurso, essentiellement dans ses missions fondamentales de surveillance du cessez-le-feu et de déminage dans la zone tampon à l’Est du dispositif de défense ».

Une déclaration qui signifie que le royaume n’est pas prêt à accepter un retour du personnel de la composante civile de la mission onusienne. Le Maroc avait réclamé en mars dernier le départ de 84 membres du personnel de la Minurso suite aux tensions entre le royaume et le secrétaire général de l’ONU. Finalement, 70 membres du personnel de la composante civile de la mission avaient quitté le Maroc.

Avertissement à un « allié traditionnel »

La résolution adoptée par le Conseil de sécurité prévoit également que dans un délai de 90 jours, le secrétaire général de l’ONU devra faire le point sur le rétablissement de la Minurso devant le Conseil de sécurité. Une durée qui aurait pu être plus courte puisque le projet de résolution présenté par les États-Unis prévoyait un délai de deux mois mais a dû être « modifié sous la pression de la France à quatre mois » avant que la durée ne soit ramenée à trois mois selon l’agence de presse algérienne APS.

La diplomatie marocaine regrette « que le membre du Conseil de Sécurité qui a la responsabilité de la formulation et de la présentation du premier projet de résolution, ait introduit des éléments de pression, de contraintes et d’affaiblissement, et agi contre l’esprit du partenariat qui le lie au Royaume du Maroc ». Une référence claire aux Etats-Unis, le penholder (porteur de stylo) du Groupe des amis du Sahara qui est chargé d’écrire la résolution qui a été présentée au Conseil de sécurité.

Le communiqué revient également sur le discours royal prononcé le 20 avril à Ryad où le roi Mohammed VI avait dénoncé « les sources d’inspiration, l’action et les objectifs des milieux hostiles à l’intégrité territoriale du Royaume, et agissant pour la déstabilisation régionale ». À l’issue de ce communiqué le Maroc avertit qu’il restera « vigilant face à tous dérapages ou tentatives de porter atteinte à ses intérêts supérieurs légitimes. »

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