Greenboys vs Eagles: Histoire d'une rivalité tenace

Les Greenboys et les Eagles sont les deux groupes d'ultras à l'origine des débordements du 19 mars.

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Crédit: Rachid Tniouni

Tout allait bien portant. À l’issue des 90 minutes de la rencontre l’opposant au Chabab Rif Al Hoceima, le Raja de Casablanca s’impose sur le score de 2-1. Mais tout tourne mal lorsque les joueurs décident de célébrer leur succès avec un groupe d’ultra, les « Green Boys ».  Dans leurs célébrations, ce groupe allume des fumigènes qui sont lancés dans la zone réservée à un autre groupe de supporters, les « Eagles», nous raconte Hamza, un supporter des Verts présent sur place. Les projectiles sont ensuite balancés des deux côtés, semant la panique chez les supporters qui n’arrivent pas à quitter les gradins et tentent de se sauver en allant sur la pelouse. Une bataille furieuse qui fera 3 morts et 54 blessés.

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Green boys vs Eagles : une vieille rivalité

En 2005 des supporters du Raja de Casablanca inspirés des mouvements ultras italiens et tunisiens, créent leur groupe qu’ils nomment « Green Boys ».  Mais tout commence mal, puisque le nouveau groupe se fait voler sa bâche officielle, qu’elle déploie dans les stades, par le groupe ultra du Wydad, les Winners. Un vol vécu comme une humiliation et qui signifie, dans le code des ultras, que le groupe a été disloqué.

Une humiliation qui provoque la scission du groupe et mène a la création des « Eagles » en 2006. Sa création sème la discorde au sein des supporters rajaouis qui n’hésitent pas à quitter un groupe pour en rejoindre un autre. Les affrontements entre les clans se multiplient à partir de 2008. Les motifs ? Les chants pour encourager l’équipe, ainsi que la place assignée aux deux groupes dans la fameuse Magana malgré les tentatives pour les unir.

Les tensions montent crescendo et mènent notamment a une bagarre générale, le 19 août 2015 , lors d’un match opposant  le Raja au Hilal de Benghazi comptant pour la finale de la Coupe des clubs de l’Union nord-africaine de football. Une opposition qui fera des blessés chez les supporters et les policiers et qui mènera à l’arrestation de 40 individus. Une bagarre qui avait poussé les deux groupes à promettre l’arrêt des violences. Une promesse non tenue, à voir les débordements du 19 mars.

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