Productions étrangères: le CCM revoit ses méthodes de calcul

Les sommes investies par les productions cinématographiques étrangères ont considérablement baissé en 2015. Le CCM relativise ces chiffres et explique que la méthode de calcul a changé.

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Crédit : AFP

Quelques jours après avoir publié les chiffres officiels des budgets investis par les productions étrangères au Maroc, en 2015, le Centre cinématographique marocain (CCM) a expliqué, via un communiqué transmis à la MAP, que la méthode de calcul des investissements avait été réévaluée, de façon à obtenir des chiffres plus proches de la réalité. En effet, selon les chiffres évoqués, on constate une baisse des sommes investies, passant de 1,1 milliard de dirhams en 2014, à 336,4 millions en 2015, soit une baisse d’environ 70%. Le CCM revient ainsi sur cette baisse conséquente en évoquant un changement de méthode de calcul des sommes investies.

Joint par téléphone, Sarim Fassi Fihri, directeur du Centre cinématographique explique que « les méthodes de calcul des années précédentes, livraient une lecture biaisée », et détaille : « avant, les producteurs gonflaient leurs chiffres, pour obtenir plus facilement les différentes autorisations qui leur étaient nécessaires. Les sommes investies par les productions étrangères au Maroc étaient calculées uniquement sur les dires des producteurs. Aucune vérification n’était faite. » Désormais, le CCM veille à ce que les productions étrangères fournissent une « attestation du chiffre d’affaires à la fin du tournage, ainsi qu’un document de leur établissement bancaire au Maroc », pendant les jours passés à tourner.

D’après le communiqué du CCM, relayé par MAP, « les chiffres déclarés auparavant étaient deux, voire trois fois supérieurs aux montants réels des investissements. » Ce désir de « jouer la transparence » est à mettre en parallèle avec le rapport rendu par le CCM, au ministère de la Communication, en vue d’instituer une incitation fiscale pour les productions étrangères. Le Maroc s’apprête en effet à rembourser, en cash, 20% des dépenses engagées par les productions étrangères lors de tournages dans le royaume, pour rebooster un secteur affaiblit dernièrement. « La situation géopolitique dans certains pays voisins ont eu tendance à faire grimper les coûts des assurances », avançait à ce propos le critique de cinéma Adil Semmar, relayé par l’AFP. « Cela a renchéri le coût des tournage au Maroc et les films ont été tournés à la place en Espagne et en Israël », expliquait-il.

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