Boukentar : "Le Maroc pousse Christopher Ross vers la sortie"

Al Hassan Boukentar, spécialiste en relations internationales analyse la nouvelle tournée de Ross dans la région. Sans grands espoirs.

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Al Hassan Boukentar. Crédit DR

Telquel.ma : L’envoyé personnel de Ban Ki-moon pour le Sahara, Christopher Ross, est arrivé au Maroc dans le cadre de sa nouvelle tournée. Pensez-vous qu’il arrivera à mettre sur la table des négociations le Maroc et le Polisario ?

Al Hassan Boukentar : Ce que tente de faire Ross entre pleinement dans son métier. Il est l’envoyé de personnel du secrétaire général de l’ONU, et il est investi d’une mission de la part du conseil de sécurité et maintenant il y a un sentiment que ce dossier a beaucoup duré. Ross aura surement des propositions à faire, et il va entendre les parties prenantes. Il va ensuite présenter un rapport au conseil de sécurité qui se réunira le 8 décembre prochain. Suite à cela, en principe, le secrétaire général de l’ONU fera une visite de la région.

Si on reste réaliste, je pense que cette visite de Ross ne changera pas grand-chose dans les positions des parties. A savoir le plan d’autonomie proposé par le Maroc, et un referendum d’autodétermination pour le Polisario.

Au-delà des négociations qui buttent, qu’est ce qu’on peut espérer de cette visite ?

On ne peut pas espérer grand-chose. Ce qui rend la tache de Ross difficile est une méfiance grandissante du Maroc envers lui. Ross est un facilitateur, et il ne peut pas jouer pleinement son rôle s’il n’a pas la confiance des parties. Rappelons-nous que le Maroc avait déjà retiré à Ross sa confiance en 2012. Objectivement, le Maroc est en train de pousser Ross vers la sortie.

Mezouar a dit que Ross ne sera reçu qu’à Rabat et pas au Sahara. Pensez-vous que le Maroc pourra tenir cette position ?

La position du Maroc dépend d’une logique qui veut que le Maroc se considère souverain sur le Sahara. Il pense que la mission de Ross est de parler aux parties concernées, et la partie marocaine se trouve à Rabat. Son déplacement est perçu comme une mise en cause de la souveraineté du Maroc. Le royaume veut rompre avec cette logique et créer un nouvel état de fait qui veut que le Maroc exerce sa souveraineté sur toutes ses régions. La position du Maroc est donc logique.

Maintenant, l’ONU ne veut pas donner l’impression de perdre la face. Elle pense que dans ces conflits ou elle joue le rôle du médiateur, il ne faut pas qu’une partie paraisse comme imposant son diktat.

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