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Dix tares du système éducatif marocain

Sept enfants sur 10 quittent l’école avant le bac, la gratuité de l’école qui profite aux plus riches, la baisse du budget 2016, le faible niveau des professeurs...Les tares de l’éducation au Maroc en 10 points. 

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Selon la DEPF, les causes des failles du système scolaire seraient à chercher dans l'environnement socio-économique./Crédit : Yassine Toumi

Le ministre de l’Education nationale a évoqué lors d’entretiens accordés à plusieurs médias dont Telquel, une série de chiffres et de déclarations qui en disent long sur les problèmes du système éducatif au Maroc. Un nouveau plan d’urgence tente d’y pallier.

1-      7 enfants sur 10 quittent l’école avant le bac

Selon une étude enquête réalisée  par le ministère de l’Education en 2012, seuls 30 enfants sur 100 dans le primaire arrivent à décrocher leur bac.

Pour les 70% des élèves restants, 50% quittent le milieu scolaire pour une de ces trois raisons : parce qu’ « ils n’aiment pas l’école »  ou parce que « ce sont les parents qui décident d’arrêter leur scolarité » ou encore à cause pour des « problèmes de transport« .

2-      L’Etat finance les plus riches

Le ministre pointe des disparités sociales. Au primaire, « quand l’Etat paie un dirham pour un enfant issu de milieux considérés riches (20%), il ne paye que 0,7 dirhams pour les 20% d’enfants issus de milieux considérés les plus pauvres », explique Belmokhtar.

Au collège, le chiffre est de trois dirhams pour les premiers et de un dirham pour les derniers. Au lycée, l’écart est encore plus criant. Le rapport est 9 dirhams pour la première catégorie contre un dirham seulement pour la deuxième.

3-      Un niveau disparate et une mauvaise maîtrise des langues

Belmokhtar explique que le seuil de passage d’un niveau à l’autre est inférieur à 5/10 dans le primaire dans 83% des délégations alors qu’au collège le seuil varie entre 4,89 et 9,8/20 dans toutes les délégations.

De même selon le ministre, des tests de niveau international sur des compétences de base des élèves à la fin de la quatrième année montrent qu’« il y a un pourcentage très important qui répondent de travers ». « Cela veut dire qu’il y a un problème de maîtrise de la langue » conclut-il.

4-      78% des élèves ne comprennent pas ce qu’ils lisent

Le ministre de l’Education est revenu sur sa déclaration selon laquelle  78% des élèves ne comprennent rien. Il nuance « Ces 78%  savent lire et écrire mais ne comprennent pas ce qu’ils lisent ».

«  Il ne savent pas produire le mot en modèle mental. Quand vous leur posez une question sur un texte qu’ils ont lu, il sont incapable de répondre» indique le ministre.

5-      70% des mots appris par les élèves « sont abstraits » pour eux

Le ministère a établi un diagnostic selon lequel, en plus d’une utilisation plus courante des mots abstraits dans l’enseignement (70%),  la fréquence des répétitions est trop faible, rapporte l’Economiste dans son édition du 23 novembre 2015.

«   Il est impératif d’utiliser le même mot dans diverses situations afin que l’enfant en saisisse bien le sens. C’est comme ça que les schéma cognitifs se forment» a expliqué le ministre.

 6-       Baisse du budget 2016

Le ministre est également revenu sur la baisse de budget alloué à son département. Rappelons que le projet de loi de Finances 2016 prévoit un budget 2016 de 45,8 milliards de dirhams pour le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle, contre 46,3 milliards de dirhams en 2015, soit une baisse de 1,22 %. Même s’il convient de rappeler que l’éducation nationale reste toujours un des secteurs les plus budgétivores au Maroc.

Toutefois, pour trouver des solutions aux problèmes financiers le ministre explique qu’il travaille sur  «  une reconfiguration des responsabilités » avec ses collègues du gouvernement et les présidents de régions »

7-      Le ministère « prend  en charge un tas de frais » d’autres départements

«  L’éducation nationale a une responsabilité d’abord pédagogique, mais aujourd’hui nous assumons d’autres choses » estime le ministre

Pour lui son département « prend en charge un tas de frais » ce qui ne devrait par être le cas. Il évoque par exemple les constructions d’écoles et de transport qui doivent progressivement revenir aux départements qui « en ont la maîtrise ».

8-      Une matière, deux langues

« C’est une aberration que d’enseigner dans la même filière des cours de mathématique financières en français et des cours de mathématiques générales  en arabe » explique encore Belmokhtar.

La polémique suscitée par la décision d’enseigner les matières scientifiques en français «est un faux problème » selon lui parce que, explique t-‘il « sur les 14 branches que comptent les lycées,  seulement deux branches techniques son concernés par cette mesures: les mathématiques pour la filière Sciences économiques et gestion et les mathématiques et physique pour la filière Techniques industrielles ».

9-      Un grand nombre de profs de français ne maîtrisent pas la langue

Selon l’ interview accordée à l’Economiste,  le ministre affirme que sur 128 000 enseignants du primaire, seuls 60 000 enseignent en arabe et en français mais tous ne maîtrisent pas parfaitement la langue de Molière.

10-   Le faible niveau des professeurs formés

Rachid Belmokhtar a indiqué que cette année son département a organisé une formation des professeurs de français, anglais et de mathématiques. Mais sur plusieurs candidatures reçues, une bonne partie n’a pas réussi à avoir la moyenne, c’est-à-dire 10/20.

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