Dans le Sud, les impôts ne représentent que 1% du PIB

Scolarisation, électrification, urbanisation… Le Haut commissariat au plan s’intéresse au développement économique et social des régions du Sud.

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La ville de Laâyoune. Crédit : Yassine Toumi.

A l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche verte, le Haut commissariat au plan (HCP) a publié le 10 novembre une note sur la croissance et le développement humain dans les régions du Sud. Ses sources : séries statistiques précédentes, recensement général de septembre 2014 et résultats préliminaires issus de l’enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages.

D’après ces chiffres, la situation économique et sociale de ces régions s’est nettement améliorée ces dix dernières années, à tel point que de nombreux indicateurs sont plus positifs que ceux au niveau national. Du côté de l’économie, le secteur secondaire a pris une place plus importante de manière très rapide : il représente aujourd’hui 22 % de l’économie. La croissance du PIB annuelle moyenne pendant cette même période a été de 8,9 % dans ces régions, contre 6,1 % au niveau national.

Le taux d’urbanisation s’établit en 2014 à 77 % (contre 70 % en 2004). 92 % des ménages vivent dans un logement dit moderne (villa, appartement…), alors qu’lis étaient 77 % en 2004 et que ce taux est de 62 % au niveau national. 90 % des ménages qui vivent dans les villes sont raccordés au réseau d’électricité et 93 % ont accès à l’eau potable.

Scolarisation en hausse, pauvreté en baisse

Dans les régions du Sud, le taux de scolarisation sur la tranche 6/22 ans est plus élevé que le taux national. Il s’établit à 81 % (contre 74 % à l’échelle nationale). Les Sahraouis sont plus riches. Le taux de pauvreté monétaire (calculé par la banque mondiale) est plus de deux fois supérieur dans les régions du Sud que sur l’ensemble du territoire national. Une autre manière de calculer la pauvreté est l’approche dite Oxford : la pauvreté multidimensionnelle qui prend en compte la santé, la scolarisation, les conditions de vie. Là, d’après le HCP, ce taux serait passé de 18 % en 2004 à 4 % en 2014, alors qu’il s’établit à la même date à 8 % au niveau national.

Tout ça grâce aux impôts des autres régions

Le HCP le signale clairement, cette rapide convergence du niveau de développement avec celui de l’ensemble du Maroc s’est réalisée en grande partie grâce à la solidarité nationale, autrement dit, la redistribution de l’impôt. Alors qu’au niveau national les recettes fiscales représentent plus de 21 % du PIB, au niveau régional, ce rapport s’établit seulement à 1 %. Ces régions bénéficient en effet d’exonérations fiscales.

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