Driss Benhima: « Il y a encore des menaces sur la survie de la RAM »

Driss Benhima: « Il y a encore des menaces sur la survie de la RAM »

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le PDG de Royal Air Maroc fait le point sur la situation de la compagnie, entre sortie de crise et inquiétude pour l’avenir.

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Driss Benhima patron de la Royal Air Maroc
Driss Benhima Crédit : Yassine Toumi

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le PDG de Royal Air Maroc fait le point sur la situation de la compagnie, entre sortie de crise et inquiétude pour l’avenir.

« Les comptes s’équilibrent certes, mais il y a encore des menaces de fond sur la survie de la compagnie », explique Driss Benhima, le PDG de Royal Air Maroc (RAM) à Jeune Afrique. La compagnie qu’il dirige depuis 2006 et dont il a mis en place le plan de redressement en 2011 devrait réaliser en 2015 des bénéfices pour la troisième année consécutive. Néanmoins, l’ancien ministre des Transports de Hassan II reste préoccupé pour l’avenir de la RAM qui évolue dans un secteur ultra-concurrentiel, mais décidé à développer la présence de la RAM en Afrique de l’Est.

« L’Afrique doit être notre terrain de croissance », répète le PDG de la première compagnie d’Afrique occidentale, Maghreb compris. Les destinations africaines représentent déjà un tiers du volume d’affaire de la RAM, mais c’est en Afrique de l’Est que la croissance est la plus rapide. Avec son partenariat avec Qatar Airways, la RAM entend bien faire sa place sur ce marché. « Nous allons bientôt couvrir l’axe Afrique-Asie qui grandit de façon plus nette que nos axes traditionnels », annonce Driss Benhima qui assure encore qu’« en Afrique, il y a de la place pour tout le monde ».

Concurrence inéquitable

Casablanca est d’ores et déjà le deuxième hub aérien, derrière Paris, assurant le trafic entre l’Afrique et le reste du monde. Mais la concurrence fait rage dans le transport aérien, et Benhima craint la concurrence européenne. Tout en rappelant que « le Maroc a fait un choix stratégique au début des années 2000 en libéralisant son marché », le PDG de la RAM décrit de manière imagée sa position par rapport à la concurrence européenne : « c’est comme si on était dans une ligue de football où des équipes ont le droit de jouer à 14, de prendre un ballon avec les mains, quand d’autres sont limités à une équipe de 11 et ne doivent jouer qu’avec les pieds ». Benhima demande que sa compagnie soit mise « sur un pied d’égalité avec les compagnies européennes et arabes sur les plans social, fiscal et administratif ».

Les premières informations concernant le projet de loi de Finances 2016, laissent justement entendre que la RAM sera exonérée de TVA pour l’achat de nouveaux appareils. Pas suffisant pour Benhima : « vous pouvez même nous offrir des avions gratuitement, ça ne changera rien, puisque notre capacité à croître est limitée par les charges supplémentaires que la RAM supporte ».

Des avions, la RAM en a acquit six cette année. L’achat de deux Boeing 787 ainsi que quatre Embraer en location longue durée. « C’est extrêmement lourd sur nos comptes », commente Benhima. Néanmoins, le PDG prédit des résultats dans la continuité de l’année passée, 14 milliards de dirhams de chiffres d’affaires pour un résultat net de 160 millions de dirhams.

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