Maroc-Suède : l'affaire vue par la presse étrangère

Depuis plusieurs jours, l'affaire liant le Maroc au royaume suédois ne cesse de faire les gros titres. Les journaux étrangers s'en emparent aussi. Revue de presse.

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Que dit la presse étrangère de l’affaire de boycott et des relations tumultueuses entre le royaume chérifien et la Suède ? Des titres bien connus s’emparent de cette actualité pour en faire leurs gros titres.

Certains journaux ne se contentent pas de reprendre les faits, via une simple dépêche. Dans l‘International Business Times, le journaliste Umberto Bacchi rappelle l’historique autour du Polisario. Il indique que le Parlement suédois avait « approuvé en 2011 déjà, une motion demandant au gouvernement de reconnaître Laâyoune comme la capitale d’un Etat indépendant. Mais l’administration de centre-droit avait refusé de le faire, en soutenant le travail du diplomate américain Christopher Ross, nommé par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en 2009 comme envoyé spécial pour la région.» Le journaliste rapporte en outre qu’une porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois, lui a confié qu’il y avait «eu un contact par la voie diplomatique au sujet de l’annulation de l’ouverture du magasin Ikea», mais sans s’étendre davantage.

Le quotidien espagnol El Mundo titre: «Le Maroc et la Suède entrent dans une guerre commerciale ». Après un rappel des faits, le journal revient sur l’épisode de dimanche 4 octobre, où des dizaines de milliers de manifestants se sont rendus à Rabat pour manifester contre la Suède et son gouvernement.  «Beaucoup ont même traversé l’ensemble du pays et ont voyagé pendant plus de huit heures dans un bus pour rejoindre la manifestation de 16h. Ils sont venus en masse proclamer que le « Sahara est marocain » et que le pays nordique ne devrait pas remettre en cause cet enjeu.» rapporte le journal.

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De l’autre côté de l’atlantique, l’affaire fait aussi jaser. Pour le Washington Post, l’ouverture avorté d’Ikea est forcément due à des considérations politiques.   « Il semble qu’Ikea s’est pris les pieds dans l’une des plus insolubles disputes territoriales de l’Afrique du Nord » Et de reprendre : « La vraie raison de la non-ouverture du magasin serait géopolitique : Ikea, une compagnie fondée en Suède et dont l’enseigne est étroitement associée à ce pays, est pénalisée à cause du soutien suédois apporté au mouvement revendiquant l’indépendance du Sahara-Occidental ».

Qu’en dit la presse suédoise ?

Dans un long article du journaliste Carl Fridh Kleberg, le journal sudéois Expressen donne la parole à une source proche du gouvernement marocain qui confiera que « par l’arrêt d’Ikea, le Maroc a voulu envoyer un signal à la Suède.  La ministre suédoise des Affaires étrangères,  Margot Wallström, a demandé à organiser plusieurs réunions avec son collègue marocain lors de son récent déplacement à l’ONU à New York.» plus loin, le journaliste reprend sa plume et reprend les propos du Premier ministre Stefan Löfven : « La Suède n’a pas jamais parlé de reconnaissance du Sahara occidental. Nous évoquons uniquement un examen interne sur la politique de cette région, mais nous n’avons pas pris une telle décision  et n’avons pas exprimé tout ce qui a été dit ».

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Dans des propos relayés par MAP, le journaliste suédois Bengt Nilsson  avait, au début de l’affaire souligné que pour obtenir la reconnaissance diplomatique, un pays devait réunir plusieurs critères, à savoir : avoir un territoire défini, une population permanente et un gouvernement qui contrôle le territoire. Ce qui n’est pas le cas concernant le Polisario, d’après la même source. Le journaliste concluait en disant que «sur le Maroc et le Sahara, la Suède témoigne d’une immaturité politique et d’une mauvaise connaissance des réalités politiques». 

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