La "torture" d'Ali Aarrass, une "odieuse tromperie" selon l'administration des prisons

Le Belgo-Marocain Ali Aarrass affirme avoir été torturé dans sa cellule, à Salé. L’administration des prisons dément et dénonce une "odieuse tromperie".

Par

Le Belgo-Marocain Ali Aarrass accusé de terrorisme et condamné à 12 ans de prison à Salé a fait fuiter une vidéo depuis sa cellule, dont laquelle il affirme avoir été victime de torture. Il s’agit d’une ancienne vidéo  filmée en 2012 et révélée par le site belge Dhnet.be. On y voit Ali Aarrass qui a du mal à se lever, avec des traces de contusions sur le corps. «Il a fallu du temps pour prendre la décision de diffuser la vidéo», affirme-t-il dans la vidéo.

Les accusations de torture ont été très rapidement démenties par la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR), par voie de communiqué. «L’enregistrement en question, d’après son contenu même, trahit la mauvaise foi de ce détenu et son intention de se donner à voir en victime de torture, de tromper ainsi l’opinion publique et de nuire à l’image de la DGAPR,  alors qu’en réalité il bénéficie des mêmes droits que les autres détenus, et ne fait l’objet d’aucun mauvais traitement» souligné la DGAPR.

Le communiqué de la DGAPR revient également sur la grève de la faim, que Ali Aarrass affirme suivre depuis fin août.  «La grève de la faim qu’il prétend observer est tout juste simulée», peut-on lire dans le communiqué, et ce afin d’ «exercer une pression sur l’administration du pénitencier et l’amener ainsi à fermer l’œil sur les objets interdits dont il voudrait disposer et user».

Lire aussi: Ali Aarrass entame une nouvelle grève de la faim pour dénoncer son humiliation

«La DGAPR condamne fermement cette odieuse tromperie, appelle l’opinion publique à en prendre acte, réitère sa volonté de faire respecter la législation et la réglementation pénitentiaire en vigueur et déclare se réserver son droit plein et entier de le mettre en cause en justice» conclut-elle.

Pour rappel, Ali Aarrass a été condamné en 2011 à 12 ans de prison au Maroc pour appartenance à une organisation terroriste. Il a été extradé de l’Espagne vers le Maroc en décembre 2010. Aarrass, qui n’a jamais cessé de clamer son innocence, avait confié au rapporteur spécial de la torture de l’ONU, en septembre 2012, qu’il avait subi au Maroc « des tortures multiples ».

Lire aussi : La justice marocaine enquête sur les allégations de torture d’Ali Aarrass

Lire aussi : L’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc jugée «illégale» par l’ONU

article suivant

Efficacité des vaccins Covid-19 : la bataille des chiffres