Les étudiants en médecine manifestent contre le Service médical obligatoire

Les étudiants en médecine refusent le projet de loi relatif au service médical obligatoire et annoncent une marche nationale le 17 septembre à Rabat.

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Sit-in des étudiants de médecine à Casablanca. Crédit: Facebook/Sit-in FMPC

Le ministère de la santé a publié le 9 septembre la première mouture du projet de loi n 28.15 relatif au service médical obligatoire pour les futurs médecins. Un projet de loi qui ravive les tensions entre le ministre de la santé El Houcine El Ouardi et les étudiants en médecine. Ces derniers avaient entamé une rentrée universitaire sous le signe de la contestation en boycottant les cours et en menaçant d’une marche nationale devant le parlement le 17 septembre.

« Le projet de loi proposé par le ministre est abstrait et comporte plusieurs contradictions », estime Jaouad Faraj, président de l’Association des alliances des lauréats et étudiants des facultés de médecine au Maroc. « Les deux ans que nous allons devoir effectuer dans le cadre de ce service n’entrent pas dans la cadre de la fonction publique. Une fois le service complété, il n’y a pas de garantie d’avoir du travail », s’inquiète-t-il. 

Le Service médical obligatoire, ou SMO, a été pensé par le ministère comme une réponse à la carence de médecins, notamment dans le monde rural. S’ils affirment accepter de travailler dans les zones enclavées, les étudiants contestataires estiment que le besoin en professionnels de santé ne sera pas satisfait pour autant et contestent les conditions. Les concours ne prévoient « le recrutement que de 50 médecins par an » alors que les lauréats en médecine sont au nombre de « 2000 par an », assure Faraj.

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Jaouad Faraj va même plus loin, s’inquiétant que le SMO n' »annule l’embauche dans les CHU en comblant le manque de médecins par des étudiants au moindre coût ». Le ministère avait pourtant répondu à cette inquiétude, assurant que les médecins soumis au SMO seront payés « à leur juste valeur « , et qu’ils bénéficieront de la couverture sociale et l’assurance.

De plus, le président de l’association appelle à ce que les futurs médecins formés dans le secteur universitaire privé soient aussi concernés par le SMO et participent au « devoir national » comme précisé par la loi.

Le bras de fer entre étudiants et ministère a commencé depuis plusieurs mois. En plus des actions sur les terrains, plusieurs pages Facebook, comme #Je_Boycotte_Challenge, sont été crées pour appeler au boycott de l’année universitaire. Dans un communiqué, le ministre El Ouardi explique qu’il est ouvert aux dialogue pendant deux semaines avant de soumettre ce projet de loi au Conseil du gouvernement. Auparavant, il avait déclaré à Telquel.ma qu’il était prêt à recevoir les doléances des étudiants mais a montrer de la fermeté face aux menaces d’année blanche.

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