Iherchane : « Une partie de la classe moyenne et les salafistes ne voteront pas PJD »

Pour le membre dirigeant d’Al Adl Wal Ihsane, Omar Iherchane, l’enjeu majeur des élections réside dans les alliances entre partis politiques et non dans le classement de chaque parti.

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Omar Iherchane, membre dirigeant d'Al adl wal ihsane

Après qu’Al Adl Wal Ihsane a décidé de boycotter les élections communales et régionales, un de ses membres dirigeants prévoit qu’une partie des électeurs du PJD en 2011 ne votera pas pour ce parti.

« L’électorat du PJD se compose de quatre catégories : les membres du PJD ainsi que du Mouvement unicité et réforme (MUR) qui sont acquis à la cause de celui-ci ; les salafistes qui avaient voté pour le PJD en 2011 et avaient décidé de participer à la dynamique politique ; une partie de la classe moyenne qui avait voté massivement pour le PJD lors des élections législatives par souci de stabilité ; et une masse électorale islamiste, n’appartenant à aucun mouvement, qui sympathise avec le PJD », nous explique Omar Iherchane.

Les raisons de la colère

Les deux dernières catégories ne voteront pas pour le PJD cette fois-ci pour des raisons évidentes, selon le dirigeant adliste : « le PJD n’a rien fait concernant le dossier des détenus de la salafiya jihadiya et c’est pour cela que ce mouvement est en colère contre lui. De même, des cadres de la salafiya ont rejoint un autre parti qui est celui de la renaissance et de la vertu ».

Concernant la classe moyenne qui avait voté précédemment pour le PJD, elle serait  déçue par les mesures prises par le chef du gouvernement au sujet de la désindexation des hydrocarbures, et la réforme des retraites prévue selon Omar Iherchane. « Ce n’est pas parce qu’on dispose d’une voiture qu’on est forcément riche. Pourtant, c’est ce qu’a a affirmé Abdelilah Benkirane à plusieurs reprises. Aussi, la réforme des retraites provoque déjà la colère des salariés et fonctionnaires », affirme-t-il. Un autre paramètre qui poussera cette catégorie d’électorat à bouder le PJD est la présence du PSU qui avait boycotté les élections législatives de 2011. « Plusieurs personnes, qui votent pour ce parti, avaient voté pour le PJD en 2011. Maintenant qu’il est revenu pour les élections, il est normal qu’il récupère ces électeurs. »

« Le mode de scrutin doit être revu »

Pour Omar Iherchane, même le mode de scrutin doit être revu. « Ce mode de scrutin individuel masqué par les listes ne provoque en fin de compte que le gain de plusieurs partis qui se sentent obligés de faire des alliances improbables au sein des conseils de la ville ainsi que dans les chambres professionnelles », constate-t-il.

Et de préciser que « l’enjeu majeur dans ces élections réside dans les alliances et non dans le classement des partis. Ce qui fait que nous pouvons retrouver des alliances entre les partis de la majorité gouvernementale et ceux de l’opposition et cela n’arrange rien car ils ne sont pas d’accord à l’avance. » 

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