Moncef Belkhayat, monsieur 2.0 du RNI

Moncef Belkhayat, ancien ministre des Sports, et candidat RNI aux élections régionales à Casablanca se fait remarquer par son ton sur les réseaux sociaux. Rencontre avec un homme politique les deux pieds dans le 2.0.

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Moncef Belkhayat. Crédit :Yassine Toumi

Avec les 160 caractères que permet Twitter pour renseigner sa « bio », Moncef Belkhayat a assurément dû faire des choix. « Entrepreneur, membre élu du BP du RNI (Bureau politique du Rassemblement national des indépendants, NDLR), Pdt Alliance des indépendants, Pdt Fondation MVI des champions sportifs », renseigne-t-il sur son profil du réseau social de micro blogging où il compte pas moins de 66 500 abonnés. Mais Moncef Belkhayat a par ailleurs été ministre de la Jeunesse et des Sports entre 2009 et 2012. Depuis son départ du gouvernement El Fassi, il s’est réinvesti dans son groupe, H & S Invest Holding, dont les flux financiers ont atteint 1,6 milliard de dirhams l’an dernier, dans le secteur de la distribution, la logistique, les études de marché et le merchandising. En plus de toutes ses casquettes, Moncef Belkhayat est très présent sur les réseaux sociaux où il se fait remarquer pour sa relation directe avec les internautes, et ses (trop) nombreux dérapages sur le réseau social à l’oiseau bleu.

L’oiseau bleu

L’oiseau bleu, c’est également le symbole du Rassemblement national des indépendants (RNI) dont Moncef Belkhayat pilote la campagne digitale qui débutera le 22 aout. Le président du parti, Salaheddine Mezouar, inaugurera cette opération séduction 2.0 en publiant son premier tweet, depuis Tétouan. Une vaste stratégie digitale qui comprend la création d’un nouveau site web, une présence accrue sur les réseaux sociaux et notamment la création du hashtag #achbghit_lbladi (« ce que je veux pour mon pays ») pour sonder les besoins des électeurs. « Le hashtag a été un temps pollué par des trolls, mais, depuis le 4 aout, il a été utilisé dans 4000 tweets, qui sont ensuite analysés et classés par villes et thématiques par les bénévoles du parti  », précise Moncef Belkhayat. « Le concept de ce hashtag a vocation à se développer à l’échelle des régions, des quartiers », assure-t-il.

C’est que Moncef Belkhayat connaît bien Twitter. Depuis son inscription en octobre 2010, il a posté près de 4000 tweets, « entre deux réunions, en voiture…  » Egalement présent sur Facebook, ses publications y sont bien différentes. « J’ai senti que Twitter était une plateforme ouverte, élitiste, intellectuelle, contrairement à Facebook. C’est une cible électorale intéressante, jeune, mais c’est également un moyen de prendre le pouls des tendances,  » explique-t-il. Une cible autant électorale pour ses activités politiques qu’économique pour ses activités de marketing.

Mais il se souvient de débuts difficiles. « Sur Twitter, il y a des amis, des partisans, mais aussi des opposants. L’interaction n’était pas évidente au début. » Alors, en pleine conscience, il a fait le choix d’une relation directe, frontale. Le tutoiement est systématique et les émoticônes viennent appuyer les phrases piquantes. « C’est une communauté Twitter, il n’y a pas de hiérarchie. Je suis interpellé par des personnes qui me tutoient, je réponds naturellement par le tutoiement, d’autant que je connais et j’ai rencontré bon nombre des personnes avec lesquelles j’échange. On débat, on n’est pas d’accord, les échanges peuvent être vifs, et heureusement !  », justifie-t-il.

Clash 2.0

Vifs, les échanges l’ont été à plusieurs reprises. La twittosphère se souvient notamment de ses posts dans lesquels il affirmait que les jeunes du 20 février étaient manipulés par le Polisario. Une affirmation qui parait bien ridicule aujourd’hui. Plus récemment, alors que les candidats aux élections régionales sont dans les strating-blocs pour le début de la campagne, un tweet du 20 aout fait directement allusion au physique et à la féminité de Nabila Mounib, son adversaire à Casablanca lors des prochaines élections régionales.

« Je ne suis pas l’auteur de tous les tweets qui sont publiés sur mon compte, mais je les assume tous. Je ne regrette pas mon tweet sur Nabila Mounib, je me suis simplement excusé auprès de ceux qui l’auraient mal interprété,  » justifie Moncef Belkhayat, avant de revenir à ses provocations « Il ne faut pas se leurrer, le contenu sur Twitter va sensiblement changer pendant les élections… »

S’il y passe beaucoup de temps, Belkhayat assure que « Twitter, c’est avant tout beaucoup de plaisir, plus qu’une activité professionnelle. On s’éclate sur Twitter !  » Cependant, selon lui, « c’est une nécessité pour tout homme politique d’être sur Twitter aujourd’hui. Mais ça, les hommes politiques qui ne sont pas de la génération internet ne peuvent pas le comprendre. » A 45 ans, Moncef Belkhyat se sent faire partie de cette génération internet.

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