Quatre jeunes à la recherche de la culture arabe contemporaine

Ils sont quatre à s’apprêter à parcourir le Maghreb et le Proche-Orient à la découverte de la scène artistique contemporaine locale. Le but : faire connaître de nouveaux artistes méconnus, y compris chez eux.

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ONORIENTOUR./a>. C’est le nom donné à cet événement, organisé par le webzine Onorient. Quatre Maghrébins vont pendant cinq mois parcourir la région à la découverte de jeunes talents et ainsi participer à leur mise en lumière. Les artistes qu’ils rencontreront ont tous pour points communs de ne pas être très connus. Mehdi Drissi, franco-algérien membre de l’équipe, les définit comme des « jeunes pousses qui émergent et commencent à faire leur petit bout de chemin, souvent en s’appuyant sur Internet ». Quelques uns ont d’ailleurs déjà été mis en lumière sur Onorient. Pour les dénicher, l’équipe s’est également appuyée sur le réseau de contributeurs du site, et les organismes partenaires comme le studio Iwa au Maroc, Numidie en Algérie, Art Tunis ou encore Creative Commons au Qatar.

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Sept pays différents

Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Liban, Qatar et Emirats arabes unis : au total, sept pays seront visités. « Nous avons choisi des pays dont les scènes artistiques sont mouvantes et interpellent des mouvements très différents », nous explique Mehdi, qui avoue son grand regret de ne pas passer par la Jordanie et la Palestine. Il faut dire que le choix a aussi été fait en fonction des facilités de circulation et de l’obtention des visas.

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Sur place, les quatre jeunes organiseront des workshops, moment d’échanges où ils débâteront avec les artistes de la notion d’arabité, sujet issu d’un sondage auprès des internautes lecteurs d’Onorient. Comme l’indiquent Oumayma Ajarrai et Hajar Chokairi, toutes deux étudiantes marocaines à HEC qui profitent d’une année de césure pour partir : « le but in fine est d’établir une sorte d’étude comparative de cette conception identitaire dans les différents pays ». Mais avant, les vadrouilleurs publieront quotidiennement un résumé de leurs rencontres et régulièrement articles et vidéos sur leur expérience sur un site dédié, avant de monter un reportage vidéo récapitulant toute leur aventure. En plus de la quinzaine d’artistes rencontrés, des lieux hors des sentiers battus seront aussi mis en avant.

Lutter contre la mauvaise image de la région, mais pas que

Mais pourquoi cette rihla ? Ces jeunes ont pour ambition de contribuer à lutter contre la mauvaise image de la région dans les médias, occidentaux notamment. « Ce projet est de fait informatif et militant pour le maintien et la valorisation d’une tradition culturelle résistant à tout extrémisme qui s’y attaque », nous explique Mehdi, qui prend cette expérience comme un pont entre ses études et son entrée dans la vie active.

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Mais cette mise en lumière n’est pas seulement à destination du Nord. « Nous voulons nous intéresser à une culture moins commerciale et plus underground qui selon nous n’est pas spécialement mise à l’honneur dans la rive sud de la méditerranée où l’on consomme encore beaucoup trop de Nancy Ajram », nous précise Hajar. Même envie pour Oumayma, qui met également en avant l’intérêt de faire connaître des artistes des pays voisins, souvent inconnus mais qui partagent pourtant des référentiels communs.

Parce qu’en filigrane de cette aventure, préfigure bien l’idée que la culture est un rempart face à l’extrémisme qui sévit dans certaines parties de la région. « La culture nous pousse à une plus grande ouverture d’esprit », alors que les extrémismes, eux, « trouvent leur source dans des crises identitaires ».

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Les quatre Maghrébins attendent 10 000 dollars pour financer le projet. Pour le moment, leur collecte de crowfunding a réuni un peu plus de 4 000 dollars.

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