La presse israélienne dénonce l'accueil fait par le Maroc à sa délégation de judokas

La participation d’Israël aux World Judo Masters Mohammed VI, organisés à Rabat les 23 et 24 mai, est décrite par la presse israélienne comme semée d’embûches bien peu fair play.

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Judo
Crédit : World Judo Masters Mohammed VI de Rabat.

Judokas israéliensC’est après environ huit heures d’attente à l’aéroport de Casablanca que la délégation israélienne a pu poser le pied au Maroc, une attente que le site du Jerusalem Post décrit comme ayant eu lieu « dans une pièce sans nourriture ni eau ou chaises, avec des représentants des forces de l’ordre qui prétendaient qu’il y avait un problème avec leur visa ». Une photo publiée par cette délégation et présentée comme prise à ce moment-là illustre cette attente (voir à droite). L’Office national des aéroports, contacté par Telquel.ma, n’a pas été en mesure d’infirmer ni de confirmer cette déclaration.

De son côté, le site Times of Israel souligne la présence d’agents de sécurité privés accompagnant les sept sportifs israéliens, et avance que les autorités leur ont « confisqué leurs passeports dès qu’ils ont atteint l’aéroport ».

Jamais sans mon Uzi ?

D’après le site Ynet, les autorités marocaines ont changé de version dans leur justification à l’égard de cet incident, mentionnant initialement un problème de visa, avant de pointer du doigt la présence d’une arme à feu dans le bagage de l’un des membres de la délégation.

Moshe Ponti, chef de la délégation israélienne, a assuré de son côté que les membres de l’équipe avaient bien reçu leurs visas.

En revanche, quelques heures avant le décollage de l’avion mercredi 20 mai à l’aéroport de Tel-Aviv, le service israélien de sécurité intérieure Shin Bet avait annoncé qu’il refusait d’accompagner la délégation avec des agents armés comme l’aurait souhaité la fédération israélienne de judo, les autorités marocaines ayant refusé qu’une équipe d’agents israéliens armés n’accompagne cette délégation.

La fédération, suivant alors les recommandations de l’Agence nationale de sécurité israélienne de ne pas se rendre dans un pays arabe sans garde du corps, a alors fait appel à une société de sécurité privée, dépensant, d’après Israpresse, 100 000 shekels (254 000 dirhams) pour «  assurer le voyage et la sécurisation de la délégation israélienne  ». Les termes précis de cette prestation ne sont pas connus, mais la presse israélienne évoque la présence d’un garde du corps armé accompagnant les 11 membres au total de la délégation.

judo-world-masters-mohammed-viD’après Ynet, pour pouvoir participer à la compétition, la délégation israélienne a en fait bénéficié une double intervention téléphonique du président de la Fédération internationale de judo, Marius Vizer. Le patron du judo mondial aurait ainsi appelé une première fois le comité organisateur [la fédération marocaine de judo] avant le décollage de la délégation israélienne, alors que la fédération israélienne cherchait à avoir des garanties en terme de sécurité. Il aurait, d’après Ynet, obtenu le maintien de la participation israélienne avec l’assurance de la protection d’agents de sécurité rattachés au palais.

Un public haineux ?

Mais si les sportifs israéliens ont finalement pu sortir de leur attente de 8 heures à l’aéroport, c’est là encore suite à un appel téléphonique M. Vizer, qui aurait notamment menacé d’annuler la compétition, toujours d’après Ynet. Or le Maroc, en se portant candidat pour abriter la compétition, était tenu d’en accepter tous les participants.

De son côté, le site Israpress rajoute que sur le site web de la compétition, ne figurait aucune mention de la présence israélienne. Faut-il y voir une réponse à cette polémique récente et à ces accusations de la part de la presse israélienne ? La page sur laquelle apparaissent les délégations représentées aux World Masters a été récemment supprimée du site. Toutefois, indexée par le moteur de recherche Google, une version est encore consultable dans le cache du site, sur laquelle l’État d’Israël n’apparaît pas. Sollicitée par Telquel.ma, la fédération est restée injoignable.

Lors de la compétition elle-même, les sportifs israéliens ont relevé que le drapeau de l’État hébreu était le seul à ne pas être brandi parmi les bannières des pays participants.

Mais c’est surtout la réaction du public qui est relevée dans la presse israélienne, qui note les huées des spectateurs adressées aux athlètes israéliens. Des huées pour le Jerusalem Post, qui vont pour le Times of Israel jusqu’aux cris haineux tels que « We will murder you ! » (On va vous tuer !) ou « You’re not wanted here, go home !  » (On ne veut pas de vous, rentrez chez vous !). Pour la judoka Yarden Gerbi, ancienne championne du monde, qui participait à cette compétition, ces huées étaient directement liées à leur nationalité.

« Ce qui s’est passé au Maroc était une honte », a-t-elle commenté auprès du Jerusalem Post, affirmant que « nous [la délégation israélienne] sommes venus participer à une compétition sportive qui n’a rien de politique ». En conséquence, la principale critique adressée aux organisateurs reprend cette polémique, notamment sur les réseaux sociaux, où certains commentaires se font virulents à l’égard du Maroc.

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