«Si on réprime les relations sexuelles hors mariage, il faut construire de nouvelles prisons»

Pour Nouzha Skalli, il est « complètement aberrant » que l’avant-projet de réforme du Code pénal continue de réprimer les relations sexuelles hors mariage.

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Nouzha Skalli lors d'une marche à Rabat.
Nouzha Skalli lors d'une marche à Rabat. Crédit: AFP

Nouzha Skalli, membre du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et ex ministre de la Solidarité, est déçue par l’avant-projet de réforme du Code pénal, publié le 1er avril sur le site du ministère de la Justice.

Elle estime qu’il ne s’agit pas d’une refonte suffisante du texte et indique sur le site Alyaoum24 que l’esprit de ce texte ne s’inscrit pas dans « le cadre de la nouvelle constitution et des conventions internationales » ratifiées par le Maroc.

« Il est temps de retirer du Code pénal les considérations qui relèvent de la vie privée », déclare-t-elle à Telquel.ma. La militante évoque ainsi l’article 490 du Code pénal qui interdit les relations sexuelles en dehors des liens du mariage. Car si la peine à laquelle les contrevenants s’exposent est diminuée dans le projet de réforme, passant d’un mois à trois mois maximum (elle va jusqu’à un 12 mois dans le code actuel), l’infraction est bien maintenue avec l’introduction d’une amende de 2 000 à 20 000 dirhams.

« C’est complètement aberrant de continuer à réprimer les relations sexuelles hors mariage », s’indigne Nouzha Skalli, qui pointe du doigt le décalage entre la loi et la société en s’appuyant sur des chiffres parlants : l’âge moyen du premier rapport sexuel (16,7 ans pour les hommes et 18,2 ans pour les femmes selon le ministère de la Santé) et celui du mariage, qui est de plus de 31 ans pour les hommes et plus de 26 ans pour les femmes (selon les derniers chiffres du HCP).

Et de conclure :

La réalité sociale, qu’on ne peut ignorer, est donc en totale contradiction avec cet article : pour appliquer cette loi, il faudrait construire des dizaines de nouvelles prisons pour contenir des milliers de personnes.

Lire aussi : Code pénal : une réforme conjuguée au passé ?

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