Benkirane: «Il n’y a pas d’avenir pour le Maroc si nous entrons en conflit avec le roi» – Telquel.ma

Benkirane : « Il n'y a pas d'avenir pour le Maroc si nous entrons en conflit avec le roi »

A la conférence organisée par les étudiants arabes diplômés de Harvard le 14 mars à Rabat, Abdelilah Benkirane est revenu sur le Printemps arabe et le droit de grève avec sa verve coutumière.

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Crédit : Harvard Arab Alumni Association

L’heure est au bilan pour le chef de gouvernement. Samedi 14 mars, invité à prononcer le discours d’ouverture de la conférence Imagine New Paths for the Arab World, organisée par les étudiants arabes diplômés de l’université américaine Harvard, Abdelilah Benkirane en a profité pour revenir sur l’avènement du Printemps arabe au Maroc avec les manifestations, il y a quatre ans, du Mouvement du 20-Février, ainsi que sur le discours royal du 9 mars 2011.

« Le feu était suffisant pour chauffer la gamelle… »

« Après les indépendances qui sont survenues dans la région entre les années 50 et les années 70, les parties au pouvoir ont gardé la fortune de ces pays et contrôlé leurs libertés  », analyse Abdelilah Benkirane. Pour lui, «  il était naturel que le peuple ‘explose’ vu que la pression grandissait ». Ainsi, Benkirane estime que le Printemps arabe a posé des questions « que l’on ne peut éviter », sans risquer de voir le peuple mener de nouvelles manifestations.

S’il légitime ces manifestations, le chef de gouvernement nuance son propos dès qu’il aborde le cas du Maroc. « Au Maroc, nous avons connu ce printemps, […] mais avec un degré moindre », assure-t-il, enchaînant sur une métaphore qui n’a pas manqué d’amuser l’audience : « Le feu était suffisant pour chauffer la gamelle. Grâce à dieu, il n’était pas suffisant pour la brûler ». Abdelilah Benkirane ne manque pas de souligner que «  le peuple marocain, quand il est sorti dans les rues, a pointé les dysfonctionnements du système sans pour autant menacer les institutions  », expliquant que «  les institutions ne sont pas amenées à changer à tout moment, c’est quelque chose d’essentiel  ».

Le droit de grève

Dans la dernière partie de son discours de plus 20 minutes, le chef de gouvernement revient sur les ponctions actuellement effectuées par le gouvernement sur les salaires des fonctionnaires grévistes. « Les Marocains rentraient dans des grèves interminables », a-t-il déploré. « Les juges ne pouvaient pas écrire leurs jugements, dérangés par ces grèves. Il arrivait que des détenus ayant purgé leur peine ne puissent sortir parce que les jugements n’étaient pas écrits », a détaillé Abdelilah Benkirane. « Comment voulez-vous que les grévistes suspendent leur grève s’ils sont payés ? » s’est demandé le chef de gouvernement qui a affirmé que si les jours de grève sont payés, « ce sont des vacances payées  ». Et de conclure, «  la grève existe toujours, celle qui a de vraies raisons d’être qui poussent le fonctionnaire à abandonner sa paie  ».

Abdelilah Benkirane, par la même occasion, est revenu sur les sit-in des diplômés chômeurs devant le Parlement. «  Aujourd’hui, personne ne va manifester devant le Parlement pour demander une fonction publique. Qui peut m’expliquer le rapport entre le diplôme et la fonction publique ? », s’est insurgé Benkirane qui a rappelé que « la seule issue est de passer légitimement les concours ». Le leader du PJD a ensuite critiqué les milliers d’emplois qui ont été octroyés «  à travers des connaissances qui pistonnaient ces diplômés  ».

Enfin, Abdelilah Benkirane a conclu son discours en clamant que «  le Maroc n’a pas d’avenir si nous entrons en conflit avec notre roi ».

Regarder le discours d’Abdelilah Benkirane :

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