Affaire Wafaa Charaf : la Justice tacle Amnesty International

Dans un communiqué, le département de Mustapha Ramid s’attaque à une campagne d’Amnesty International visant à libérer les militants Wafaa Charaf et Oussama Housni.

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La militante Wafae Charaf. Crédit: DR
La militante Wafaa Charaf. Crédit: DR

Mustapha Ramid attaque Amnesty International. Dans un communiqué rendu public le 13 mars et relayé par l’agence de presse MAP, le ministère de la Justice accuse Amnesty International de mener une campagne qui « n’est pas innocente » après que l’ONG ait publié une pétition réclamant la libération de Wafaa Charaf et Oussama Housne. Ces deux militants ont, pour rappel, été condamnés à des peines d’emprisonnement de deux ans (Wafaa Charaf) et trois ans (Oussama Housni) pour diffamation à l’égard des forces de police marocaines après avoir porté plainte pour torture selon Amnesty International.

Le ministère de la Justice étaye son argumentaire en indiquant que cette campagne intervient « avant l’examen par la justice du dossier de Oussama Housni (le 10 mars 2015), et ce dans l’objectif d’influer sur la décision de la Justice ». Le département de Mustapha Ramid estime également que le contenu de la campagne « s’inscrit dans le cadre de l’orientation générale de l’Organisation à savoir livrer une image négative de la situation des droits de l’Homme dans le Royaume, sans pour autant reconnaitre les efforts consentis pour les renforcer et les promouvoir ».

Confusion

Dans le communiqué accompagnant sa pétition, Amnesty International indique que les deux militants sont « des prisonniers d’opinion » et appelle, dans sa pétition, le ministre de la Justice à « prendre des mesures efficaces pour que les victimes et les témoins signalant des actes de torture soient protégés des représailles, des mesures d’intimidation, notamment des menaces de contre-accusation, en abrogeant les dispositions du code de procédure pénale qui criminalisent la diffamation et l’outrage à l’encontre d’agents publics ». L’ONG souhaite également que «  les signalements de torture et autres mauvais traitements fassent l’objet d’enquêtes rapides, efficaces, indépendantes et impartiales. »

De son côté le ministère de la Justice estime que les demandes d’Amnesty International, sont loin des faits et traduisent une confusion entre liberté d’expression et la perpétration d’actes punissables par la loi.

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