Saâd Sefrioui : «Addoha prend son destin en main»

Le groupe immobilier Addoha a adopté le 13 janvier un plan stratégique pour, entre autres, générer de la trésorerie et réduire son endettement. Quel en sont le contenu et l'intérêt ? Le directeur général délégué Saâd Sefrioui nous répond.

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Le siège du Groupe Addoha, à Casablanca. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

En quoi consiste ce plan triennal « cash génération » ?

Le groupe est là, il est reconnu. Maintenant il faut améliorer nos fondamentaux : moins aller vers la course aux chiffres et faire les choses de la manière la plus rationnelle possible. Le plan prévoit la baisse le l’endettement [de 83 % à 33 % d’ici 2017, ndlr]. Pour cela, nous allons limiter l’acquisition de foncier puisque nous avons une réserve de 5 000 hectares. Ensuite, nous allons réduire les créances clients et être beaucoup plus agressifs pour réaliser le recouvrement. Aussi, nous comptons vendre le stock vendable de produits finis. Nous allons donc pousser nos commerciaux à redoubler d’efforts pour vendre les logements en rez-de-chaussée et au quatrième étage. Enfin, le plan prévoit d’augmenter les dividendes et les résultats nets.

Le plan est très ambitieux donc, notamment en ce qui concerne le désendettement. Mesures exceptionnelles pour situation exceptionnelle ?

L’endettement est parfaitement maîtrisable et lié au développement du groupe ces dernières années. Quand vous construisez 30 000 logements par an, c’est normal.

Le plan prévoit de limiter la nouvelle production aux « groupements d’habitation présentant les meilleurs taux de commercialisation ». Est-ce que cela signifie que vous allez vous concentrer sur un type de biens, économique, moyen ou de haut standing ?

Non, c’est juste qu’il faut construire ce que nous vendons. Le plan prévoit de ne pas construire ce qui n’est pas encore vendu.

Le plan prévoit une augmentation des dividendes ; est-ce un moyen de rassurer les actionnaires et d’en accueillir de nouveaux ?

Non, le modèle est simple, si vous transformez les actifs en cash, vendez les stocks de produits finis et diminuez les créances, vos résultats nets augmentent et donc les dividendes augmentent, c’est mathématique et logique.

Vous prévoyez de « renforcer les pratiques de bonne gouvernance ». De quoi s’agit-il exactement ? Qu’est-ce que vous entendez par bonne gouvernance ?

Les bonnes pratiques sont déjà là. Mais le plan prévoit surtout la mise en place d’un comité stratégique pour prendre des décisions de manière collégiale. On prévoit aussi l’arrivée d’administrateurs indépendants dans le conseil d’administration. Il y en a déjà deux et il va y en avoir d’autres.

Certains de vos clients critiquent la qualité de la livraison des produits (du retard dans la livraison ou des problèmes techniques sur le bien), qu’est-ce que vous leur répondez ?

Nous avons un système de service après-vente. Vous savez, les clients ne prennent leurs clefs que lorsqu’ils signent une note « rien à signaler». Depuis deux ans, nous avons une centrale d’achats et une maîtrise parfaite de nos prestations et de la qualité. Nos logements n’ont de social que le nom.

Certains s’organisent quand même en association pour se défendre. 

Oui à Bouskoura il y a eu l’association BGCA, qui n’existe plus d’ailleurs. Les personnes qui étaient dedans n’étaient animées que par la volonté d’avoir des rabais, ils défendaient des intérêts personnels et non l’intérêt général. Ils se sont d’ailleurs retirés du projet. Nous sommes accessibles et essayons de solutionner les problèmes.

Enfin, qualifieriez-vous ce plan d’ambitieux ?

Ce n’est pas un plan ambitieux, c’est un plan faisable, réaliste et réalisable. C’est le moment opportun pour le faire et les banques attestent d’ailleurs de sa faisabilité. On prend notre destin en main et les banques applaudissent.

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