Vidéo d'Aqmi: l'Espagne cède au Maroc et rouvre l'enquête sur Cembrero

La justice espagnole va rouvrir l'enquête sur le journaliste Ignacio Cembrero et le quotidien El País pour avoir diffusé une vidéo d'Aqmi dans laquelle le groupe terroriste menaçait le Maroc.

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Ignacio Cembrero
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero. Crédit : DR

Nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qu’est devenue « l’affaire Anouzla » : un communiqué du ministère de Mustapha Ramid indique qu’une Cour de justice espagnole « a ordonné au juge d’instruction de rouvrir l’enquête pour apologie du terrorisme » contre le quotidien El País et le journaliste Ignacio Cembrero.

Pourtant, en juin dernier, un procureur de l’Audience nationale − la plus haute juridiction pénale espagnole −, avait décidé de classer sans suite la plainte déposée par le gouvernement Benkirane le 20 décembre 2013. Une seconde plainte avait été également classée sans suite en août par la même juridiction. On s’en souvient, le gouvernement marocain avait porté plainte contre Ignacio Cembrero pour avoir publié en septembre 2013 sur son blog, hébergé par El Pais, une vidéo d’Aqmi appelant au jihad contre les autorités marocaines, mais aussi contre le roi. Un lien vers ce blog a valu au journaliste et fondateur du site Lakome, Ali Anouzla, une arrestation (le 17 septembre 2013), un passage en prison (il est toujours poursuivi en état de liberté provisoire) et la fermeture de son site.

« Il suffit d’une seconde »

« L’affaire a déjà été classée deux fois », réagit Ignacio Cembrero. Joint au téléphone par Telquel.ma, le journaliste semble très remonté. Il regrette ironiquement que « le ministère n’a pas daigné publier de communiqué quand la justice espagnole a classé l’affaire cet été ».

Finalement, il semble que le gouvernement marocain a eu gain de cause, car la Cour espagnole, « après avoir réexaminé la vidéo en question, à la demande du Maroc, a constaté que les photos et les messages font sans aucun doute l’apologie du terrorisme », affirme le communiqué du ministère de la Justice.

Une chose est sûre, le Maroc n’est pas prêt à laisser tomber l’affaire : le communiqué insiste sur les conséquences que la publication d’une telle vidéo peut avoir, estimant que le retrait − rapide − de la vidéo par El País « ne change rien ». « Que la vidéo soit postée pendant des minutes, des heures ou des jours, ne change rien. Il suffit d’une seule seconde pour que les ordres terroristes soient diffusés partout dans le monde. »

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