Pourquoi la CAF refuse le report de la CAN 2015 au Maroc

La CAF,  inflexible malgré l'épidémie d'Ebola, a rejeté lundi la demande de report de la CAN 2015 et adressé un ultimatum au Maroc. Ses raisons.

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Issa-Hayatou
Issa Hayatou. Crédit : DR

La CAF « confirme les dates de la compétition », du 17 janvier au 8 février,  et « une nouvelle réunion aura lieu le 11 novembre au Caire pour prendre les  décisions qui s’imposent », a indiqué la CAF. D’ici là, le Maroc dispose de « cinq jours » pour arrêter sa propre décision à la lumière de ce refus, a précisé le porte-parole de la Fédération marocaine  (FRMF), Mohamed Makrouf. Mais sur quels arguments se base le refus de la CAF ?

1- Les recommandations de l’OMS

L’Organisation Mondiale de la santé (OMS) a recommandé dans une lettre du 14 octobre, et confirmé dans un communiqué daté du 23 octobre qu’ « elle ne recommandait pas l’annulation des réunions internationales et des rassemblements de masse dans les pays autres que ceux durement touchés ». lit- on sur le site de la CAF. Aucun cas d’Ebola n’étant recensé à ce jour au Maroc, il est donc apte à accueillir la compétition.

2-Le Maroc accueille déjà une compétition

L’instance africaine a également mis en avant l’organisation de la Coupe du monde des clubs par le Maroc, une compétition au cours de laquelle « figureront les participants d’un pays (l’Espagne) dans lequel un cas de maladie à virus Ebola a déjà été identifié ». Et à l’occasion de ce tournoi, le Maroc verra affluer un nombre de supporteurs étrangers « largement supérieur à celui attendu pour la CAN 2015 ». Car vu le pouvoir d’achat moyen dans l’essentiel des pays du continent, les supporteurs des équipes africaines ne devrait pas dépasser les 1 000 lors de la CAN. Résultat, « le dispositif sanitaire » mis en place par le Maroc pour prévenir la propagation d’Ebola est « largement capable de faire face au flux limité » de supporteurs durant la compétition.

3- Le Maroc a déjà accueilli deux matchs de la Guinée

Le Maroc a accepté d’accueillir à Casablanca deux matchs de la Guinée, l’un des pays les plus touchés par l’épidémie, en  imposant «  un protocole sanitaire qu’il a mis en place et qui n’a montré jusqu’ici aucune faille » selon la CAF. Ces rencontres qui comptaient pour la 2e  et 3e  journée des éliminatoires de la CAN 2015 se sont déroulées face au Togo et au Ghana, respectivement le 5 septembre et le 10 octobre.

4- D’autres compétitions se sont déroulées « sans incidents sanitaires »

Des compétitions de football organisées par la CAF sur le continent malgré l’épidémie d’Ebola se sont déroulées « sans incidents sanitaires ». Ainsi, la Côte d’ivoire a accepté de jouer à domicile contre la Sierra Leone, l’un des trois pays durement touchés par Ebola, et ceci en présence d’un délégué médical de la CAF.

Par ailleurs, la CAN féminine s’est achevée le 25 octobre en Namibie, sans qu’un incident sanitaire n’ait été signalé.

5-Les impératifs de la CAF vis-à-vis de la Fifa

Le report  de la compétition « se ferait au détriment du calendrier de la CAF, qui a l’obligation de suivre  celui de la Fifa », a relevé le directeur des médias, Junior Binyam, à l’issue de la réunion tenue à Rabat  le lundi 3 novembre.

Le Maroc face à un ultimatum

L’alternative est désormais simple pour l’édition 2015 de la plus prestigieuse compétition sportive du continent. Elle se tiendra comme convenu au Maroc  –qui n’a pour l’heure pas décliné– ou dans un autre pays (mais les candidats ne se pressent pas au portillon) dans les deux cas aux dates prévues.

Si le Maroc renonçait et qu’aucune  solution de remplacement -rapide- n’était trouvée, la CAN pourrait alors être purement  et simplement annulée, ce qui serait une première.

Un scénario catastrophe, que l’instance suprême du foot africain refuse pour l’heure d’envisager. « Répondons aux questions quand elles se posent. Pour le moment, il y a une porte ouverte pour le Maroc », a déclaré lundi à l’AFP le directeur des médias de la CAF Junior Binyam

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