Renault Tanger encaisse la crise du marché européen

Dans un entretien accordé à L’Usine nouvelle, Jacques Prost, directeur général de Renault Maroc, fait le point sur les difficultés et les opportunités du constructeur automobile français dans son implantation au Maroc.

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L'usine Renault de Meloussa.

L’usine Renault de Tanger, dont les résultats mitigés avaient éclaté au grand jour en septembre avec les doutes de la direction du groupe sur la production de la gamme low-cost, encaisse effectivement les effets de la crise sur le marché européen, reconnaît Jacques Prost, directeur général de Renault Maroc, dans un entretien publié le 31 octobre par le site de L’Usine Nouvelle : « L’usine souffre de la faible croissance du marché européen, son principal débouché ». Résultat, la cadence de production de l’usine devrait « dépasser les 180 000 unités en 2014 » pour tendre vers les 200 000. Un chiffre en dessous de la capacité totale de Renault Maroc, qui est de 400 000 véhicules.

Mais si le patron de Renault Maroc reconnaît que les volumes de ventes du Dacia Lodgy restent en deça « des volumes que l’on pouvait atteindre », il se veut rassurant sur la pérennité de cette production :

Ainsi pour Lodgy, un véhicule qu’il n’est pas question d’arrêter – je le précise bien -, nous enregistrons un rythme de progression actuel de 30%. Les ventes de l’utilitaire Dokker continuent de bien marcher.

Exportation vers l’Inde

Annonçant par ailleurs que pour le marché indien, très fermé, le Lodgy (entre temps relooké en version Stepway), serait assemblé sur place mais à partir de pièces produites à l’usine de Tanger. Toutefois, il n’a pas communiqué de chiffres sur l’ampleur de ce marché.

Jacques Prost a également révélé que le taux de sourcing local était de 42 % pour l’usine de Tanger, qui se fournit donc encore beaucoup à l’étranger. « Renault vient de mettre un ingénieur à temps complet chargé de développer le sourcing au Maroc », a toutefois annoncé le directeur général.

L’usine est par ailleurs pénalisée, selon lui, par des coûts logistiques importants : « C’est un des points faibles du Maroc », a-t-il assuré, arguant que « le prix de la traversée du détroit de Gibraltar est trop élevé et il n’est pas du tout dans les benchmarks que nous connaissons ailleurs. Cela nous affecte, ainsi que nos fournisseurs ».

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