Arab Bank reconnue coupable de financer des actes terroristes

La banque Arab Bank a été reconnue lundi 24 septembre coupable de financer des activités terroristes par un tribunal new-yorkais, une  première pour un établissement financier qui pourrait avoir de lourdes  conséquences pour l'ensemble du secteur bancaire.

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Crédit : KHALIL MAZRAAWI / AFP

Dans un jugement lu devant un tribunal de Brooklyn (sud de New York), le  juge Brian Cogan a indiqué que la prestigieuse banque multinationale basée en  Jordanie avait financé des organisations telles que le Hamas et le Jihad islamique, considérées aux Etats-Unis comme des organisations terroristes. Après près de dix ans d’instruction, un mois de procès et deux jours de  délibérations, un jury populaire composé de sept femmes et de trois hommes a en  effet répondu par l’affirmative aux vingt-quatre chefs d’accusation retenus  contre l’établissement financier.

Les avocats de la banque présents dans la salle ont annoncé dans la foulée  leur intention de faire appel d’un jugement qu’ils ont qualifié de « simulacre  de justice ». « Dans de telles circonstances, le jugement d’aujourd’hui qui reconnaît la  culpabilité de la banque alors qu’elle n’a fourni que des services financiers  légitimes et de routine n’est pas une surprise ». L’établissement comparaissait depuis mi-août après une plainte déposée par  quelque 300 Américains, victimes ou ayants-droit de victimes d’une vingtaine  d’attentats entre 2001 et 2004 en Israël, à Gaza et en Cisjordanie. Elle était accusée d’avoir versé, par l’intermédiaire de l’organisation  non-gouvernementale Saudi Committee, 5.300 dollars à chacune des familles  d’auteurs d’attentats suicides.

Arab Bank victime de terrorisme ?

La banque n’a pas nié avoir transféré de l’argent à des Palestiniens à la  demande de Saudi Committee, qui a des comptes chez elle. Mais elle objectait  que les bénéficiaires ne figuraient sur aucune liste terroriste et que rien ne  pouvait prouver que cet argent avait servi à financer des attentats. Arab Bank affirme avoir fait elle-même les frais du terrorisme.

Actionnaire à hauteur de 20%, la famille Hariri a également payé un lourd  tribut aux attentats qui ont ensanglanté son pays, le Liban. En 2005, Rafic  Hariri, alors Premier ministre, avait été tué dans un attentat à la voiture  piégée.

AFP

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