Un Sénégalais tué à Tanger après des heurts entre migrants et Marocains

Un Sénégalais a été tué et plusieurs personnes  blessées dans la nuit de vendredi à samedi 30 août dans de nouveaux affrontements entre  migrants africains et résidents marocains d'un quartier de Tanger, ont annoncé la préfecture et une ONG.

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Crédit photo compte twitter @HelenaMaleno

Une personne a trouvé la mort et 14 autres ont été blessées dans un  « accrochage » entre « habitants du quartier » d’un côté et « candidats à  l’émigration clandestine » de l’autre, a annoncé la préfecture de Tanger, selon  laquelle les deux groupes se sont affrontés par « jets de pierres ». Le communiqué, qui évoque un « différend » entre membres « des deux parties »  -sans autre précision-, ne fournit aucune indication sur l’identité de la  victime.

Interrogé par l’AFP, Hicham Rachidi, fondateur du Groupe antiraciste de  défense et d’accompagnement des étrangers et des migrants (Gadem), a affirmé  qu’il s’agissait d’un ressortissant sénégalais. Parmi les blessés, « un Ivoirien a par ailleurs été hospitalisé et se trouve  dans un état critique », a-t-il ajouté. Il a souligné que des violents heurts s’étaient déjà produits dans ce même  secteur (Boukhalef) de Tanger dans la nuit du 15 au 16 août.

Selon un rapport établi par la « plate-forme des associations et communauté  des migrants subsahariens au Maroc », au moins cinq personnes avaient été  blessées lors de ces précédents affrontements. D’après le document, des personnes « munies de machettes, couteaux et  bâtons » s’en étaient pris à des migrants, leur reprochant diverses nuisances  (« tapage », « prostitution », « consommation publique d’alcool », occupation  illégale de maisons).

Ces heurts « deviennent récurrents », s’est alarmé Hicham Rachidi. Selon lui, « entre 800 et 1.000 migrants » vivent actuellement dans ce  secteur périphérique de Tanger, dans l’attente d’une hypothétique traversée  vers l’Europe. La préfecture a de son côté annoncé que neuf personnes « des deux parties »  avaient été arrêtées après les violences de la nuit dernière. Une enquête a été  ouverte.
De vives tensions avaient déjà agité ce quartier fin 2013 après la mort,  dans des circonstances confuses, de deux migrants.
Confronté à un afflux aux portes de l’Europe en même temps qu’aux critiques  d’ONG, Rabat a entrepris une vaste opération de régularisation, sur l’ensemble  de 2014, parmi les 30.000 migrants qui se trouveraient sur son sol.
Fin juin, plus de 16.000 demandes avaient été déposées. Seules 3.000  avaient été acceptées, mais une commission de recours a été mise en place.

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