Benkirane: «Nous ne sommes pas des Frères musulmans»

Interviewé par Al Hurra, Abdelilah Benkirane a affirmé que le PJD n’appartient pas au mouvement des Frères musulmans.

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Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement. Crédit : DR
Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement. Crédit : DR

A l’occasion de sa visite aux États-Unis, Abdelilah Benkirane a accordé un entretien au site de la chaîne américaine Al Hurra. Il y explique les orientations idéologiques de son parti, la position du Maroc vis-à vis de l’Algérie et le rapport qu’il entretient avec la presse marocaine.

Au sujet du PJD, Benkirane a affirmé que celui-ci n’a jamais appartenu au mouvement des Frères musulmans. D’après lui, « le PJD n’est pas un mouvement religieux » mais un parti politique qui ne s’inscrit pas dans le courant prosélyte et s’occupe plus des défaillances politiques. « Le champ religieux au niveau de l’État appartient exclusivement au roi de par son statut de commandeur des croyants. Nous, en tant que parti, nous ne nous ingérons pas dans ce champ », a indiqué le chef du gouvernement.

Quant au soutien du PJD au mouvement des Frères musulmans lorsqu’ils étaient au pouvoir en Égypte, Benkirane a préféré esquiver la question en affirmant simplement que « cette étape est aujourd’hui dépassée et que ce qui compte, en ce moment, c’est de sauver le peuple égyptien de la crise qu’il est en train de vivre ».

L’Algérie devrait « revenir à la page initiale de l’histoire »

Pour ce qui est du rapport du Maroc avec son voisin algérien, Benkirane privilégie plutôt la voix du dialogue : « Nous et les Algériens sommes frères et nous devons avoir des rapports solides », a-t-il souligné.

Quant aux problèmes diplomatiques qui opposent les deux pays, le leader du parti de la lampe a indiqué que « l’Algérie n’a pas besoin d’ouvrir une nouvelle page mais plutôt de revenir à la page initiale car les deux pays ont la même histoire et les deux peuples sont très proches de par la langue et la religion ». Il conseille également au gouvernement algérien de « privilégier la voix rationnelle et logique et revenir aux principes qui lient les deux nations ».

« Des journalistes sur commande »

Le chef du gouvernement s’en est également pris à des journalistes marocains qui, selon lui, nuisent à son image : « Les journalistes ne sont pas pareils, il y a ceux d’entre eux qui sont objectifs tandis que d’autres prennent de l’argent et écrivent sur commande ». Benkirane explique même qu’« il y a des journalistes qui sont venus s’excuser (auprès de lui) ».

De même, il invite la presse à abandonner son « orgueil » et à ne pas se considérer comme sacrée et reconnaître que ceux qui travaillent au sein de ce secteur peuvent parfois dire la vérité et parfois se tromper.

Benkirane a déclaré que « les détentions pour des prises de positions politiques n’existent pas au Maroc. Mais qu’il y a cependant des détenus politiques qui sont en prison pour avoir commis des infractions et des délits ».

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