98% d'électrification rurale, un seuil indépassable pour l'ONEE

Le grand défi de l'électrification rurale lancé en 1995 est en phase d'être relevé par le Maroc.

Par

AFP

Le taux d’électrification des zones rurales atteint maintenant les 98,73 %, d’après les chiffres de mai 2014 de l’ONEE. Deux millions des foyers de ces régions ont accès au réseau. D’ici fin 2017, 99,7 % de ces zones devraient être électrifiées et mettre fin au Plan d’électrification rurale global (PERG) lancé en 1995.

A l’Indépendance et dès les années 1980, quelques travaux ont été lancés mais c’est vraiment le PERG qui généralise et rationalise ces travaux. Noreddine Dhaiby, directeur électrification rurale à l’ONEE, parle à ce sujet de véritable « aventure » : 

On a rattrapé tout ce qu’il fallait rattraper en une période très courte. Nous avons construit un schéma directeur, recensé, regardé les infrastructures à mettre place, ingénieurs et collectivités locales ont été consultés, nous avons vu comment optimiser les coûts et choisi un montage financier. 

Le financement de ces travaux s’est basé sur une contribution des collectivités locales, de l’ONEE, des citoyens et de plusieurs bailleurs de fonds. Les contribuables ont dû payer les aménagements à installer dans leur foyer (le compteur notamment.) : entre 1 800 et 2 500 dirhams, étalés sur 7 ans. Au total, 21,5 milliards de dirhams ont été mobilisés depuis 1996.

98 %, un « maximum »

Si presque 99 % des zones rurales sont électrifiées, quelques 93 % foyers de ces régions ont souscrit à des abonnements : « Ce n’est pas vraiment pour une raison financière puisque l’électrification revient moins cher que la non-électrification, avec le coût des bougies, etc. », assure Noreddine Dhaiby. Pour lui, si ce taux est moins élevé que le taux d’électrification, c’est que « comme tout produit, il y a un temps de décalage entre sa mise en place et son achat. »

D’ici 2017, l’ONEE espère arriver à 98 % de logements électrifiés, un taux qui sera arrivé à son maximum étant donné « qu’il y a des logements non prioritaires comme un fils qui utilise l’électricité de la maison de ses parents et tire juste le fil pour avoir une simple lampe chez lui par exemple », comme nous l’explique Noreddine Dhaiby.

La réussite du PERG est même reconnue à l’étranger : « Si chaque pays a son propre modèle, le notre a été pris en exemple à l’étranger, comme au Sénégal par exemple où l’ONEE a gagné un appel d’offre face à Electricité de France notamment », explique Noreddine Dhaiby. Mais ces succès, en interne et à l’étranger, ne mettent pas fin aux travaux : « l’électrification rurale n’est pas quelque chose avec un début et une fin, il y aura toujours des choses à faire, au moment des extensions de maisons lors de mariages ou lorsqu’il n’y a plus de place dans un village, par exemple. »

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