Dix millions dépensés dans le projet mort-né du métro aérien

Casablanca abandonne le projet de métro aérien et le remplace par des lignes de tram et de bus. Un élu de la ville, Mustapha Rahine, affirme que 10 millions de dirhams ont été dépensés pour rien.

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Un métro-aérien, comme vous n'en verrez pas de sitôt à Casablanca. Crédit : DR

La ville de Casablanca n’aura finalement pas son métro aérien. Les autorités de la ville ont décidé, lundi 30 juillet, d’abandonner le projet pourtant annoncé depuis 2007 et maintes fois confirmé lors des conférences de presse du maire, Mohamed Sajid. Et pour cause, les neufs milliards de dirhams d’investissements prévus sont désormais jugés trop coûteux, révèle notre confrère L’Economiste.

C’est en tout cas la conclusion du Conseil de la ville, qui justifie ce revirement par les études préalables menées. Ces dernières ont révélé des difficultés sur le tracé de la voie au niveau des boulevards Zerktouni et Driss El Harti, et au niveau des « ex-futurs » sites de maintenance du métro. La décision devrait être entérinée par vote lors de la prochaine session du conseil de ville, prévue courant juillet 2014.

Le projet de métro aérien sera remplacé par quatre nouvelles lignes de tramway d’une longueur de plus de 80 km qui vont desservir notamment les quartiers Moulay Rachid, Aïn Sebaâ et El Oulfa.

A l’image d’Agadir, la ville de Casablanca va aussi opter pour les bus à haut niveau de service (BHNS). Il s’agit d’autobus circulants sur des voies spécialement réservées. Une solution de transport moins onéreuse que le métro et le tramway.

 Une décision prise sans la consultation des élus

La décision d’abandonner la ligne de métro aérien a été prise sans la consultation des élus de la ville, fulmine Mustapha Rahine, élu sans appartenance politique, joint par TelQuel :

Cette décision n’a pas été prise par les élus. Nous l’avons appris comme tout le monde, via la presse […] c’est une insulte d’apprendre cela dans les journaux.

Si M. Rahine pense que la mise en place des lignes pourra peut-être résoudre une partie du problème du transport dans la ville de Casablanca, l’élu dénonce « le gaspillage de sommes d’argents qui ont été investies dans les études de faisabilité de ce projet ». Selon lui, la ville a dépensé près de « 10 millions de dirhams » pour cette étude.

Pour M. Rahine le vote attendu « n’est que du cinéma » car la décision est d’ores et déjà prise par « les plus hautes instances ».

Le métro aérien, un projet prometteur… sur le papier

L’abandon du projet de métro aérien en a surpris plus d’un. Et pour cause, le Conseil de la ville de Casablanca avait validé le tracé. L’entreprise Casa Transport, qui gère le tramway et devait s’occuper du métro aérien, avait dressé la liste des futures stations prévues le long de la ligne.

Selon ce tracé, le métro devait aller de la grande mosquée Hassan II à Hay Moulay Rachid en passant par Sidi Bernoussi, en suivant les boulevards Driss El Harti, Zerktouni et Mohamed VI.  Le métro devait aussi desservir Al-Fida Mers-Sultan, Sbata et Sidi Othman. « Les études sont prêtes et nous sommes dans la phase de finalisation des investissements », assurait même en décembre 2013, Mohammed Sajid, le maire de Casablanca. Les travaux étaient censés débuter en 2014 et durer plus de trois ans.

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