Enquête. Quand le roi est en voyage…

 

Officiels ou privés, les déplacements de Mohammed VI à l’étranger fascinent par leur caractère à la fois spectaculaire et secret. Comment se déroulent-ils ? Combien coûtent-ils ? 

« Le roi est en France ». La nouvelle faisait les gros titres de la presse, le lundi 16 octobre, éclipsant même la dernière activité royale officielle : L’ouverture, au Parlement, de la quatrième année législatif. Pourtant ni le cabinet royal, ni le ministère de la Maison royale, du protocole et de la chancellerie ne l’ont officiellement annoncé. N’étant pas un déplacement officiel, ce voyage de Mohammed VI est bien évidemment entouré d’une grande discrétion. Ce qui n’empêche pas d’entendre ici et là différents commentaires au sujet de ce voyage royal. « Il serait parti rendre visite à sa mère, Lalla Latifa, nous murmure un ancien diplomate. Néanmoins, il devrait en profiter pour rencontrer le président français et peut-être même François Hollande, le candidat aux présidentielles 2012 donné favori aux sondages ». « Sidna ira sans aucun doute rendre visite à Nicolas Sarkozy pour le féliciter de la naissance de sa fille. Mais on ne verra pas de photos, c’est dommage », lance ce vendeur de journaux.

La discrétion qui entoure les voyages du roi n’a d’égale que la fascination des Marocains pour ces déplacements. Petit peuple, grands patrons et hauts commis de l’Etat suivent tous les mouvements du souverain à l’étranger. Même les médias indépendants se mettent à éplucher la presse étrangère et le web, traquant la moindre information croustillante sur les activités du souverain. Et chacun y va de sa théorie quant à la signification de tel ou tel voyage, l’éviction de telle ou telle personne de la délégation, la durée du séjour… Et l’exercice se multiplie depuis l’accès au trône de Mohammed VI. Car et ce n’est pas un scoop, le roi aime voyager. En 11 ans, il a quasiment fait le tour du globe. Tantôt à titre officiel, tantôt à titre privé…

Protocole & cérémonial

Le premier déplacement à l’extérieur du roi remonte à décembre 1999, soit 5 mois après son intronisation. Il s’était alors rendu en Arabie Saoudite pour la Omra. Ministres, généraux, conseillers et autres membres du cabinet ont été conviés à accompagner le souverain parti se recueillir sur la tombe du prophète. La visite prend un caractère officiel quand Mohammed VI rencontre feu le roi Fahd Ibn Abdelaziz. Sur le chemin du retour, le monarque passe une nuit aux Emirats Arabes Unis, pour une visite de fraternité au Cheikh Al-Nahyane, et son avion fera une escale en Tunisie de quelques heures, le temps d’un échange avec Ben Ali. Ce type de déplacement, aussi officiel soit-il, n’est pas à confondre avec une visite d’Etat. « Le protocole est nettement plus accentué quand il s’agit de visites d’Etat. Sa Majesté est accueillie sur le tarmac par le chef de l’Etat qui reçoit, les hymnes nationaux sont joués et un cortège officiel accompagne le roi jusqu’à sa demeure, nous explique ce connaisseur des rouages du protocole royal. Ensuite, une réception est organisée en l’honneur de Sa Majesté au cours de laquelle des discours sont prononcés, des décorations et des cadeaux sont échangés. Même la délégation accompagnant le roi est nettement plus importante que lors d’une visite officielle. »

La première visite d’Etat effectuée par Mohammed VI remonte ainsi à mars 2000. Il la réserve à la France, un lieu qui allait de soi à en croire cet ancien diplomate : « La France est le premier partenaire économique du royaume, mais surtout son plus fidèle allié sur la scène internationale, explique-t-il. Même les présidents français ont pour tradition de consacrer leur première visite d’Etat au royaume. C’est donc un échange de bon procédés ». Et évidemment, tout se déroule comme l’exige le protocole : le roi était accueilli dès son atterrissage à Orly par le président Chirac, puis escorté par un détachement de la garde républicaine à cheval jusqu’à la résidence de Marigny, le somptueux palais du XIXème où sont logés les chefs d’Etat invités de la France.

Dans les jardins de la Maison blanche

Ce genre de visites d’Etat, Mohammed VI en affiche plusieurs au compteur. Rien que la première année de son règne, il est l’invité de plusieurs grands de ce monde. En avril 2000, le roi est en effet accueilli avec tous les honneurs en Italie. Le président Carlo Azeglio Ciampi ouvre même le palais Quirinale pour la cérémonie officielle, une tradition que le protocole italien ne réserve que rarement à un chef d’État étranger. De Rome, le roi fait un petit crochet par le Vatican où il est chaleureusement salué par le Pape Jean Paul II. Deux mois plus tard, Mohammed VI est reçu à la Maison blanche, la résidence présidentielle du plus puissant dirigeant au monde. En cet été de l’an 2000, les Clinton mettent les petits plats dans les grands et organisent un somptueux dîner réunissant quelque 300 personnes. Côté marocain, la délégation conduite par le souverain comprend tous les membres de son cabinet, une bonne partie du gouvernement et des hauts gradés de l’armée, en plus d’une dizaine d’hommes d’affaires et de représentants des médias publics. « Nous étions une cinquantaine de Marocains à dîner sur la pelouse de la White House en face de tout le gotha de Washington, de hautes personnalités représentant tout ce que les Etats-Unis comptent comme institutions et firmes multinationales. C’était impressionnant, se rappelle un membre de la délégation. A la fin, nous avons même eu droit à un cadeau officiel : une montre Tifany gravé d’une inscription commémorative de cette visite royale ».

Dans les valises de Sa Majesté

Voyager avec le souverain est effectivement un luxe. Une expérience inoubliable. Alors évidemment, n’accompagne pas Sa Majesté qui veut. Dans le cabinet royal, le casting est fait sur mesure. « C’est en fonction de la thématique du sommet auquel assiste le roi, ou encore des dossiers à traiter lors d’une visite de travail, que les conseillers et les membres du gouvernement sont choisis pour faire partie de la délégation », explique un ministre. En plus des membres du cabinet et du gouvernement, de grands patrons peuvent aussi se retrouver dans les valises de Sa Majesté. Si généralement, il n’y a qu’une poignée de présidents de sociétés publiques, le souverain peut parfois élargir le cercle à des businessmen privés. Exemple : en 2005, lors de la tournée en Amérique latine, la suite du souverain comprenait quelque 300 personnes, dont une majorité de grands patrons. « Ce genre de déplacement permettent de rencontrer plusieurs hauts décideurs aux mêmes endroits. Un terrain idéal pour sensibiliser sur certains dossiers. Cela peut offrir aussi des opportunités d’affaires puisqu’on se retrouve dans les centres de décision des pays hôtes », commente ce chef d’entreprise. En revanche, les médias présents dans les voyages officiels se limitent au patron de la télévision publique et de la MAP. « Au début du règne, Mohammed VI embarquait avec lui des directeurs de journaux. Mais lors d’un voyage, un des patrons de presse n’a pas voulu respecter le protocole. Alors, les médias indépendants sont devenus non grata », raconte un journaliste qui a déjà eu le privilège d’accompagner le roi lors d’une de ses premières visites. Car faire partie d’une expédition royale est aussi un signe de bénédiction qu’il faut sans cesse mériter. Dans les salons feutrés de la capitale ou de Casablanca, on ne rate pas une occasion d’analyser la composition des délégations officielles. Les histoires ne manquent pas au sujet de puissants du royaume écartés au dernier moment d’un voyage, ou encore d’autres qui se sont fait remonter les bretelles au cours d’un déplacement avec le « boss ». Certains se retrouvent mêmes sur la touche en rentrant au royaume. Dernier exemple en date : le cas de Ali Bouzerda qui a été prié de rester chez lui après le retour la visite de Mohammed VI à New York, en septembre 2010, pour participer à l’assemblée générale de l’ONU. Un voyage dans lequel l’ex-patron de la MAP se serait incrusté sans être officiellement convié.

Per Diem et défraiements

Etant en visite de travail, les membres de la délégation royale perçoivent logiquement des indemnités de déplacement. Le barème serait fixé à 350 dollars par personne et par jour (hébergement compris), mais parfois la générosité royale peut s’avérer sans limite. De retour de la tournée américaine en décembre 2004, des chefs d’entreprises ont en effet eu l’agréable surprise de recevoir des chèques avec un montant à six zéros. D’ailleurs, les déplacements du roi et de sa cour son budgétisés dans la Loi de Finances. Dans les sous rubriques du budget de la Cour royale, le poste déplacement à l’étranger avoisine les 400 millions de dirhams. Le plus coûteux est sans doute le transport du matériel (mobilier, ustensiles, matériel de communication…) qui flirterait avec les 130 millions de dirhams. Il y a aussi les 80 millions prévus pour financer l’hébergement et les frais d’hôtels du souverain, et quelques millions comptabilisés comme frais de mission. C’est que les déplacements royaux sont de grandes sorties diplomatiques à l’échelle mondiale.

Le budget public des voyages royaux n’inclut évidemment pas les escapades privées de Mohammed VI, qu’il paie sur sa propre cassette. Dans ce cas, le cercle des accompagnateurs est réduit aux membres de la famille (Lala Salma, Moulay Rachid et Moulay Ismaïl, voire d’autres cousins) et exceptionnellement à de proches amis. Même les services de sécurité qui accompagnent le roi sont drastiquement allégés. C’est généralement le pays hôte qui assure une protection discrète du souverain, qui n’est escorté que d’une poignée de gardes du corps.

Vacances royales

Les destinations de vacances du souverain sont nombreuses. Mais la capitale française est sans doute l’une de ses favorites. Ses allers-retours sont si fréquents qu’ils peuvent passer inaperçus. Le roi dispose à Paris de plusieurs résidences et a même ses habitudes au Crillon, un des plus prestigieux palaces de la ville lumière. Il peut y aller pour rendre visite à sa mère Lalla Latifa qui y réside la majorité du temps. Mais le monarque peut s’y rendre aussi pour des congés privés. Et quand il est en vacances, le roi sait prendre du bon temps. A l’époque où il était trentenaire et célibataire, il pouvait être aperçu dans les lieux branchés de la nuit parisienne. Aujourd’hui (ou plus précisément en 2008), on le voit plutôt avec sa petite famille faisant le tour d’Eurodisney ou assistant au concert de Johnny Hallyday. Le roi aime aussi sillonner les rues commerçantes de la capitale : il ne rate d’ailleurs pas une occasion de se rendre chez son couturier préféré, l’italien Gianfranco Ferré, au faubourg Saint Honoré.

Autre lieu de villégiature royal : Courchevel. Mohammed VI a ses aises dans cette station des Alpes où il s’accorde quelques semaines en hiver pour s’adonner au ski, un de ses hobbies préférés. Il descend dans son somptueux chalet, voisin de la résidence du prince Walid Ibn Talal, avec accès direct aux pistes où il peut croiser, entre autres, Lionel Richie et Ewan McGregor. Mais même pendant ses vacances, la quiétude du souverain peut parfois être perturbée. En 2003, par exemple, alors qu’il est à Courchevel, Reporters Sans Frontières organise sur place une manifestation pour la libération du journaliste marocain Ali Lmrabet, alors condamné à une peine de prison ferme pour un délit de presse.

De l’autre côté de l’Atlantique, Mohammed VI a un faible pour New York. Il y occupe généralement sa luxueuse résidence située à un lancé de freesby du fameux Central Park. Et dans la grande pomme aussi, le roi croque la vie à pleines dents : il fréquente les clubs de blues branchés, comme le BB King près de Times Square, où il peut tomber sur des rois du hip-hop comme Jay Z, pour ne citer que lui. L’Asie est aussi une destination privilégiée du souverain. C’est dans l’île de Phuket, en Thaïlande, qu’il aurait passé sa lune de miel en 2002. En 2008, il a également passé des vacances en Chine et au Vietnam (après un crochet par le Brésil). L’Afrique n’est pas en reste. Le roi affectionne certains spots du Sénégal, où il se sent comme à la maison.

Joindre l’utile à l’agréable

Ces séjours privés du souverain viennent parfois en prolongement de visites officielles. Lors du sommet du Mouvement des Non Alignés en Malaisie (février 2003), le roi décide de rester quelques jours de plus, le temps de faire du shopping dans les boutiques de Kuala Lumpour. Idem en Italie quand Mohammed VI, grand amateur de voitures de courses, s’accorde quelques heures pour visiter les ateliers de Ferrari à Maranello. Il a même fait des tours de circuit dans des bolides de la marque au cheval cabré. En 2004, à la fin d’une tournée aux Amériques, qui l’a mené du Mexique à l’Argentine en passant par le Brésil, le Pérou ou encore le Chili, le roi invite toute la délégation qui l’accompagne (300 personnes) à des vacances bien méritée en République Dominicaine. Une villégiature largement relayée par la presse de l’île, vu l’importance de la délégation, mais aussi parce que Mohammed VI a rendu une visite de courtoisie au président de cet Etat. Le roi a ainsi séjourné une semaine au sein du paradisiaque complexe touristique La Romana, à l’est de la capitale. Même chose encore lors d’une visite en Algérie, à l’occasion du sommet de la Ligue Arabe en 2005. Le roi décide de jouer les prolongations pendant cinq jours, au cours desquels il ne passe pas inaperçu : les Algérois sont bluffés de croiser Mohammed VI en train de faire son jogging ou se balader dans les rues de la capitale, avec un service de sécurité allégé. A Dakar enfin, en 2008, le souverain est resté trois jours après le sommet de l’OCI pour s’accorder un petit séjour privé. Il en profite même pour lancer la construction d’un hôpital, financé par la fondation Alaouite.

Mais les activités diplomatiques du souverain ne se limitent pas à assister à des sommets et effectuer des visites d’Etat. Le roi reçoit également beaucoup au Maroc, et là encore, nombreux sont les grands de ce monde qui ont défilé au royaume. Mais ça, c’est une autre histoire. 

 

Infographie : Le roi globe-trotter

Mohammed VI l’Africain

Février 2006. Les images montrant Mohammed VI à l’aéroport de Gambie à bord d’un Hummer rutilant saluant les nombreux Gambiens venus l’accueillir montre l’ampleur et la notoriété dont jouit Mohammed VI en Afrique. Le roi s’est en effet beaucoup déplacé dans le continent. Sa première visite a eu lieu à Dakar en mai 2001, suivie de la Mauritanie en septembre de la même année. Mais Mohammed VI a aussi réalisé trois tournées en Afrique subsaharienne (entre 2004 et 2006) de longue durée qui lui ont permis de visiter une douzaine de pays dont le Gabon, le Congo, le Burkina Faso et le Cameroun pour ne citer que ceux-là. Autres destinations africaines du souverain : l’Afrique du Sud, lors du sommet mondial sur le développement durable en 2002, ou encore le Cap Vert en 2008.

Gambie, Congo Brazzaville, Gabon, République démocratique du Congo (RDC), Sénégal, Burkina Fasso, Mauritanie, Bénin, Cameroun, Niger, Afrique du Sud, Cap Vert
 

Chez nos frères arabes

Mohammed VI est allé dans quasiment tous les pays arabes d’Afrique du Nord ou du Moyen Orient. La série a été inaugurée dès décembre 1999, quand le roi, profitant de la Omra en Arabie Saoudite, fait un crochet par les Emirats Arabes Unis et la Tunisie. En 2000, il se rend à deux reprises à des sommets en Egypte en plus d’une visite d’Etat en Tunisie et une autre à Doha pour le sommet de la conférence islamique. En 2001, il fait une escale à la Jamahirya Arabe Lybienne avant de se rendre à un sommet à Yaoundé. Viendra ensuite le tour de plusieurs pays du Proche Orient comme la Jordanie, la Syrie, le Liban, le Koweit et le Bahrein. La visite en Algérie n’aura lieu, elle, qu’en 2005. Une visite que le souverain a tenu à prolonger pour visiter de près la capitale Alger.

Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Qatar, Arabie Saoudite, Syrie, Liban, Jordanie, Koweït, Bahrein

Les charmes de l’Asie

Outre le Japon, pays dans lequel Mohammed VI a effectué une visite d’Etat en 2005, à l’invitation de l’empereur Akihito, l’Asie semble être une destination prisée par le souverain. On raconte que c’est en Thaïlande qu’il est par exemple allé en voyage de noces quand il a épousé Lalla Salma en 2002. En 2008, il a également passé ses vacances entre la Chine et le Vietnam. Le roi a aussi participé à deux reprises à des sommets tenus en Malaisie, que ce soit dans la capitale Kuala Lumpur (Mouvement des Non-Alignés) ou à Putrajaya (Organisation de la conférence islamique).

Japon, Vietnam, Malaisie, Thaïlande, Chine

La découverte des Amériques

Dans son action diplomatique, Mohammed VI a réalisé une grande première en effectuant une tournée en Amérique latine. Du 24 novembre au 7 décembre 2004, il s’est lancé dans un périple qui l’a conduit dans cinq pays : le Mexique, le Brésil, le Pérou, le Chili et l’Argentine. Il a été accueilli officiellement par les chefs d’Etats de ces pays, avec lesquels le royaume n’a que très peu de relations diplomatiques, en raison notamment de leur position dans l’affaire du Sahara. Cette visite qui a rassemblé une délégation marocaine de 300 personnes (le record absolu des voyages officiels) s’est soldée par la signature de plusieurs accords de coopération entre le royaume et ces pays. Mais la tournée s’était surtout achevée par des vacances pour le roi et sa suite à Saint Domingue, un des plus beaux joyaux de la mer des Caraïbes.

Mexique, le Brésil, le Pérou, le Chili et l’Argentine, République Dominicaine

The king of New York

Deux visites officielles ont été effectuée par Mohammed VI à Washington (juin 2000 et mai 2002). Mais il y a aussi les quatre sessions de l’assemblée générale de l’ONU auxquelles le roi a pris part. A cela, il faut bien sûr ajouter les nombreux voyages qu’effectue le souverain à titre privé aux Etats-Unis. Quand il ne fait pas escale en Floride, il a pour habitude de s’installer dans sa résidence new-yorkaise, qui offre une vue imprenable, dit-on, sur Central Park. Jusqu’en 2004, la famille royale possédait même un ranch dans les environs de New York, mais Mohammed VI ne s’y serait rendu qu’à de rares occasions.

USA

Bon baisers de Paris

Que ce soit pour rendre visite à sa mère, pour faire du shopping ou pour une escapade en famille, Mohammed VI se déplace souvent à Paris. Fréquemment, il en profite pour traiter des dossiers importants avec le chef de l’Etat français, qui peut volontairement rendre une visite de courtoisie au souverain dans sa résidence parisienne. L’Espagne est aussi une destination où le roi s’est déplacé à plusieurs reprises de manière officielle. L’Italie et la Russie (là encore une première) sont d’autres pays européens où Mohammed VI a effectué des visites d’Etat.

Espagne, France, Italie, Russie

 

Transport. Air Royal One

Même si Mohammed VI est propriétaire de plusieurs jets frappés aux couleurs chérifiennes, des appareils de la Royal Air Maroc sont affrétés lors des voyages du souverain à l’étranger. « Quand on reçoit les instructions de préparer l’appareil royal, on lâche tout ce qu’on a entre les mains et on s’ y colle », assure un mécanicien de la compagnie. « Sa Majesté est notre premier client », surenchérit ce cadre de la RAM. Car le cabinet royal n’omet pas de payer les factures des avions mis à disposition par la société publique. Une facture qui s’élèverait à quelque 30 millions de dirhams par an. Plusieurs appareils sont en fait mobilisés lors d’un déplacement royal par voie aérienne. Il y a d’abord le Boeing 737-400 réservé au souverain et que la RAM n’utilise que de manière occasionnelle, en période de pointe. Mais il y a toujours un autre avion prêt à décoller. « Un appareil de remplacement est toujours prévu », explique notre source. L’aménagement de ces long-courriers devient évidemment d’une classe royale pour les déplacements du souverain. Les deux tiers de l’espace sont réservés aux appartements de Sa Majesté : chambre à coucher, bureau, salle de réunion et équipements audiovisuels hautement sophistiqués…tout est agencé dans un souci de confort et de luxe.

Par ailleurs, ces avions subissent, bien avant que le roi ne monte à bord, des vols d’essai baptisés « vol 001 ». Les mesures de sécurité sont renforcées au maximum. Le plan de vol ou la destination ne sont communiqués qu’au dernier moment. Et les aéroports d’où décolle et atterrit l’avion royal restent fermés des heures durant. « Cette procédure de ciel fermé implique une fermeture des pistes et la sécurisation des couloirs aériens, de manière à ce qu’il n’y ait aucun objet volant dans les environs », témoigne un pilote. De plus, aucun bagage n’est toléré à bord. Ces derniers sont généralement acheminés à destination par un autre appareil. Quant au personnel navigant de l’avion royal, il est trié sur le volet et reste le même depuis plusieurs années. Il s’agit du commandant de bord Fouad Boutayeb et des hôtesses Janate Gharbi et Nezha Alami. Un trio qui a eu d’ailleurs le privilège de se voir décoré du ouissam Al Arch de l’ordre de Chevalier lors de la fête du trône de 2010.

 

Diplomatie. Quand le roi se fait représenter

De Johannesburg à Tokyo en passant par Le Caire, Paris, New York et Kuala Lumpur, Mohammed VI a opéré des dizaines de sorties diplomatiques mondiales à l’occasion de sommets arabes ou de conférences internationales. Mais il y a certaines messes que Mohammed VI paraît préférer à d’autres. Par exemple, l’assemblée générale de l’ONU, qui rassemble quasiment tous les chefs d’Etat du monde, semble être l’un de ses rendez-vous de prédilection. La 65ème assemblée tenue en septembre 2010 a vu la quatrième participation de Mohammed VI en 11 ans de règne. L’Organisation de la conférence islamique est un autre meeting auquel le roi participe souvent. Il se déplace également pour les sommets des chefs d’Etats d’Afrique et de France, ainsi que les sommets de la Ligue Arabe, mais pas de manière régulière. Il y a en revanche des rendez-vous importants auxquels Mohammed VI ne s’est pas rendu. Il était par exemple très attendu en mars 2010 au premier sommet entre le Maroc et l’Union Européenne. En juillet 2008, c’est à Paris, lors du lancement du projet de l’Union pour la Méditerranée, que le roi a brillé par son absence. On peut y ajouter l’ouverture des jeux olympiques de Pékin, où étaient conviés tous les chefs d’Etat du monde. Il n’en demeure pas moins que le souverain, quand il ne fait pas le déplacement, veille toujours à se faire représenter. Et pas par n’importe qui : c’est souvent son frère Moulay Rachid ou le Premier ministre qui prennent le relais.

 

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