Trump bloque le rachat de Money Gram par Alibaba

Les autorités réglementaires américaines se sont opposées au rachat de Money Gram par le géant chinois du commerce en ligne Alibaba

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Crédit: AFP
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Les deux groupes ont annoncé mardi, dans un communiqué commun, qu’ils renonçaient à ce rapprochement de 1,2 milliard de dollars, « faute d’avoir obtenu l’approbation obligatoire du Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS) », et ce « malgré les efforts considérables pour répondre aux préoccupations du Comité ».

Le rejet de cette opération de fusion entre le groupe américain et celui du magnat chinois Jack Ma est un nouveau signe de l’approche plus dure, en matière commerciale et réglementaire, de l’administration Trump envers la Chine.

Ant Financial est contrôlé par Jack Ma, fondateur d’Alibaba, et exploite des services de paiement sur internet et sur mobile. Il visait à s’étendre internationalement avec le rachat de MoneyGram, société basée à Dallas et spécialisée dans le transfert de fonds à l’étranger. Le groupe américain compte environ 1.300 employés.

L’argument invoqué par CFIUS pour bloquer cette transaction est la sécurité nationale. D’après l’autorité américaine, cette fusion aurait permis au géant chinois un accès aux données personnels et aux flux financiers au sein des Etats-Unis.
En septembre dernier, sur les recommandations du CFIUS, le président Trump s’était déjà opposé au rachat du fabricant de semi-conducteurs Lattice Semiconductor Corporation par un groupe détenu par des actionnaires chinois, le fonds d’investissement Canyon Bridge Fund.

M. Trump avait invoqué « un risque pour la sécurité nationale » lié à des transferts potentiels de propriété intellectuelle sur des semi-conducteurs.Pékin s’en était aussitôt alarmé, dénonçant un veto à des fins « protectionnistes ».

Il y a un an, cependant, Donald Trump s’affichait aux côtés de Jack Ma, saluant « l’un des meilleurs entrepreneurs du monde ». Reçu en janvier 2017 en grande pompe à New York par le milliardaire, Jack Ma avait alors promis de générer indirectement « un million d’emplois » aux Etats-Unis: un coup de communication qui n’avait guère eu de suite concrète.

Mais depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, Washington se montre bien plus réticent envers les acquisitions chinoises. Le président milliardaire dénonce le déséquilibre des échanges commerciaux sino-américains et les Etats-Unis multiplient les enquêtes sur les pratiques commerciales du régime communiste, accusé d’avantager ses entreprises.

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