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Exclusif: Le pouvoir de signature retiré au patron de l'ONMT, Abderrafie Zouiten

Abderrafie Zouiten Crédit: DR
Exclusif: Le pouvoir de signature retiré au patron de l'ONMT, Abderrafie Zouiten
novembre 29
14:20 2017
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Le patron de l'ONMT, Abderrafie Zouiten, s'est vu retiré son mandat de signature. Une situation qui impacte 180 fonctionnaires de l'ONMT qui n'ont toujours pas reçu leurs salaires.

Les salariés de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) se préparent à manifester devant le ministère des Finances. Et pour cause, leurs salaires généralement perçus le 26 de chaque mois n’ont toujours pas été versés. Ce retard de paie, anodin en apparence, cache en réalité un vrai malaise au niveau de l’office chargé de la promotion de l’image du Maroc et de son secteur touristique.

Selon nos sources, la raison de ce retard est la suppression du mandat de signature au directeur général de l’ONMT Abderrafie Zouiten. "Depuis fin octobre, M. Zouiten n’a plus le pouvoir de signature qui lui a été retiré par le ministère des Finances à la demande de la tutelle (ministère du Tourisme, NDLR)", nous assure-t-on.

Une information confirmée par une source autorisée au ministère des Finances. "En effet, Abderrafie Zouiten n’a plus le droit de signer de document concernant l’ONMT, car il a dépassé l’âge légal du travail et la prorogation qui lui permettait de poursuivre sa mission de directeur général a expiré en août dernier", explique-t-on au sein du département des Finances.

En effet, Abderrafie Zouiten a atteint l’âge de la retraite en 2015. À l’époque, le chef du gouvernement l’avait autorisé à continuer à travailler pour une durée de deux ans supplémentaires. La réglementation de la fonction publique permet cette flexibilité. "Abderrafie Zouiten n’a plus le droit de signer de document jusqu’à ce que sa situation juridique et administrative soit réglée", ajoute notre interlocuteur aux Finances, qui insiste sur le fait que le département de Mohamed Boussaid ne fait qu’appliquer la loi.

Des arguments qu’on a voulu confronter avec Abderrafie Zouiten, sans succès, car il semble qu’il est à l’heure où nous mettons en ligne au parlement "en tant que DG de l’office", nous affirme une source proche de ce dernier.

Ce qui interpelle dans cette situation pour le moins complexe, c’est la raison pour laquelle la tutelle a laissé Zouiten en poste depuis août sans l’informer que son autorisation avait expiré. "Personne ne lui a dit de partir ou de rester. En même temps, l’Office était engagé sur d’importantes opérations qui ne pouvaient pas être bloquées", explique une source proche du dossier.

"Il a continué à assumer son rôle durant les mois de septembre et d’octobre", poursuit notre interlocuteur. Pour ce dernier, le déclencheur de tout cela serait le gros coup médiatique réalisé par Zouiten lors de l’inauguration de la ligne aérienne Dakhla-Paris, le 26 octobre dernier. "La tutelle s’est sentie négligée et mise à l’écart. Le lendemain le directeur général recevait sa notification", poursuit notre source. Contacté pour avoir sa version des faits, le ministre du Tourisme, Mohamed Sajid est injoignable pour le moment.

Actuellement, nos sources affirment que les salaires des 180 employés de l’Office sont bloqués tout autant que les budgets des délégations à l’étranger et les règlements des prestataires. Pour notre source au ministère des Finances, il y a deux issues possibles pour débloquer la situation.

La première est que le ministère de la tutelle obtienne de la primature une deuxième prorogation pour Abderrafie Zouiten et le confirme ainsi dans son poste. La seconde est de désigner un intérimaire en attendant la nomination d’un nouveau DG.

Selon une source proche du dossier, "la primature a déjà désigné un intérimaire"… Une information que nous n’avons pas encore pu recouper au niveau du Cabinet du chef du gouvernement. Affaire à suivre.

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