Maroc

Des militants anti-sexisme sous le coup d'une enquête pour avoir "coloré" des fontaines à Rabat

Crédits photo : page Facebook Mali
Des militants anti-sexisme sous le coup d'une enquête pour avoir "coloré" des fontaines à Rabat
novembre 27
12:09 2017
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Les autorités locales de Rabat ouvrent une enquête suite aux "dégradations des quatre fontaines" à Rabat. Le mouvement "Mali" à l'origine de cette action se dit étonné et défend une action de militantisme contre le sexisme.

Les autorités locales de Rabat annoncent qu'une enquête a été ouverte sous la supervision du parquet suite aux dégâts occasionnés samedi 25 novembre à des fontaines par "un groupe d’individus appartenant à un mouvement illégal". Ce groupe, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (M.A.L.I), avait affirmé dans un communiqué publié le jour même être à l'origine de l'action.

Selon le communiqué de la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra, les membres du mouvement "ont endommagé des équipements publics d’embellissement, en polluant les eaux de quatre fontaines sur l’avenue Mohammed V et la place Bab El Had et en les maculant de peinture rouge". Les autorités dénoncent "ces agissements qui sont contraires aux formes d’expression reconnues".

Un communiqué qui "étonne beaucoup", la présidente du mouvement, Betty Lachgar. "Nous n'avons rien détérioré. Nous sommes de vrais activistes et pour organiser cette performance nous avons consulté en amont des artistes pour savoir quels outils utiliser et des juristes pour savoir ce que nous risquions", déclare-t-elle.

Betty Lachgar affirme que le mouvement n'a pas utilisé de la peinture rouge comme l'indique le communiqué des autorités, mais du colorant alimentaire "Car cela s’en va très facilement et si un enfant boit l’eau de la fontaine, par exemple, ce n'est pas dangereux", ajoute-t-elle. Les fontaines ont d'ailleurs été nettoyées en "deux heures à peine" par les services de la wilaya, selon elle.

Pour Betty Lachgar, cette réaction des autorités détourne l'attention du public de la problématique de base: dénoncer le sexisme au Maroc. "Cette performance était une manière symbolique de rappeler aux Marocains que des millions de femmes sont victimes de violences sous toutes ses formes. Mais apparemment, ça intéresse moins que la dégradation des fontaines...", se désole la porte-parole du mouvement qui affirme qu'à Paris la même performance a été menée en octobre dernier et qu'elle a été "très bien reçue par tout le monde".

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