Economie

Dialogue social: une augmentation des salaires "difficile mais pas impossible" selon El Othmani

9 octobre 2017 - réunion de dialogue social entre le gouvernement, les syndicats et la CGEM
Dialogue social: une augmentation des salaires "difficile mais pas impossible" selon El Othmani
octobre 10
18:02 2017
Partager

Lundi 9 octobre a sonné la rentrée sociale du gouvernement, qui a reçu l'UMT, la CDT, l’UGTM, l’UNTM ainsi que la CGEM pour un round préliminaire de négociations. Au menu : augmentation des salaires, baisse de la pression fiscale, loi sur la grève, Code du travail...

Par Elsa Walter et Mohamed Khiyi

"Le gouvernement est prêt à mettre en œuvre le dialogue social avec les syndicats et les représentants du patronat, parce qu'il considère que c'est un mécanisme essentiel à la coopération entre les différents partenaires économiques et sociaux pour garantir la paix sociale et le développement socio-économique".

C'est par cette allocution très consensuelle que le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani a ouvert la réunion de rentrée du dialogue social en présence de plusieurs ministres, dont le ministre des Finances Mohamed Boussaïd et le ministre d'État aux Droits de l'Homme Mustapha Ramid.

Pour Hicham Zouanat, président de la commission emploi et relations sociales de la CGEM, le changement de style par rapport à l'ère Benkirane est perceptible: "le gouvernement nous a écoutés, nous a donné du temps (la réunion a duré 4 heures, NDLR), a cherché à apporter une méthodologie et s'est montré ouvert. On sent qu'ils ne partent pas d'un dogme", analyse-t-il, saluant un "dialogue équilibré", même s'il reste "prudent, ni pessimiste, ni optimiste".

Chaque organisation syndicale a présenté en détail ses doléances concernant la loi des finances 2018 notamment, tandis que Meriem Bensalah a exposé les revendications patronales, notamment concernant la pression fiscale, la loi sur la grève et celle sur les syndicats qui se fait attendre.

Vers une augmentation générale des salaires ?

El Othmani n'a pas fermé la porte à une augmentation générale des salaires, revendication récurrente des organisations syndicales. Pour le chef du gouvernement, un tel scénario n'est "pas impossible, mais difficile et reste suspendue à une augmentation du budget de l'État".

Quant à la création d'une nouvelle échelle dans la fonction publique, point d'achoppement le plus important depuis 2011, le chef du gouvernement s'est montré moins optimiste, estimant que "cela sera difficile à atteindre".

Selon Abdelhak El Arabi, conseiller du chef du gouvernement sur les questions sociales, Mohamed Boussaïd a indiqué que "cette opération engendrerait un budget annuel supplémentaire de 7 milliards de dirhams, alors que le coût de la masse salariale atteint aujourd'hui 140 milliards de dirhams et consomme les 2/3 du budget général de l'État".

Sur la baisse des impôts, syndicats et patronat accordent leurs violons

Les doléances concernant la baisse des impôts ont été portées à la fois par les organisations syndicales et par la CGEM. Plus précisément, les syndicats réclament la baisse des impôts sur le revenu, mais également l'augmentation des cotisations familiales et la poursuite des subventions pour l'accès aux logements sociaux, alors que le patronat estime que le coût du travail est trop élevé en raison des taxes, impôts et cotisations sociales, qu'ils appellent le gouvernement à faire baisser.

En parallèle, les syndicats demandent une augmentation du SMIG, du panier de soins et de l'indemnité pour perte d'emploi.

Lois sur la grève et sur les syndicats ?

La réunion a également donné lieu à des discussions sur le projet de loi organique sur le droit de grève. Un texte auquel la CGEM n'a pas apporté de "modification majeure" même si elle avait déposé une proposition de loi à ce sujet. Un texte  qui a ensuite été retiré, "pour plus de neutralité", précise Hicham Zouanat.

La CGEM porte aussi une autre revendication : celle de voir adopter une loi visant à réglementer les syndicats, alors que pour l'heure il n'y a pas de projet de loi. "Il faut un texte qui réglemente l'indépendance des syndicats, leur financement, la limite d'âge... tout ce qui peut limiter l'atomisation et les dérapages des syndicats fantoches", estime Hicham Zouanat.

Si cette première réunion a permis d'amorcer le débat sur les sujets clés de l'année sociale à venir, aucune négociation n'a réellement démarré. Dans les jours qui viennent, un accord devrait être trouvé sur la date du prochain round de négociations, qui devrait se tenir dans les semaines à venir et permettre d'entrer dans le vif des nombreux sujets qui sont maintenant sur la table du gouvernement.

Tags
Partager

Lire aussi

Nous suivre

Retrouvez le meilleur de notre communauté

facebook twitter youtube instagram rss