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Gambie: nouvelle médiation avant l'expiration de l'ultimatum donné a Jammeh

AFP
Gambie: nouvelle médiation avant l'expiration de l'ultimatum donné a Jammeh
janvier 20
10:34 2017
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Après plusieurs médiations menées sans succès en Gambie, les présidents mauritanien et guinéen tentaient encore vendredi de convaincre Yahya Jammeh de céder la place à son successeur élu Adama Barrow. But de la manoeuvre: éviter une intervention militaire, à quelques heures de l'expiration de l'ultimatum fixé par la Cédéao.

Les troupes de cinq des quinze pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) sont intervenues jeudi en territoire gambien, dans le cadre d'une opération baptisée "Restaurer la démocratie", pour forcer au départ Yahya Jammeh, qui n'entend pas transférer le pouvoir à Adama Barrow.

Élu à l'issue du scrutin présidentiel du 1er décembre en Gambie, M. Barrow a prêté serment jeudi après-midi à l'ambassade gambienne à Dakar, ville où il est accueilli depuis le 15 janvier à la demande de la Cédéao.

Pour permettre une "dernière médiation" afin de convaincre Yahya Jammeh de partir en exil, l'opération militaire a été suspendue, et la Cédéao a fixé au président sortant un ultimatum jusqu'à vendredi à midi (heure locale et GMT), a expliqué jeudi à Dakar le président de la Commission de la Cédéao, Marcel Alain de Souza.

Cette nouvelle médiation serait une initiative commune de la Mauritanie (non-membre de la Cédéao) et de la Guinée.

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz s'était déjà rendu mercredi dans la capitale gambienne, où il s'est entretenu avec M. Jammeh et des responsables de l'opposition. Il s'est ensuite rendu à Dakar où il a rencontré M. Barrow.

Le chef d'État guinéen Alpha Condé s'est rendu dans la nuit de jeudi à vendredi à Nouakchott, où il s'est entretenu à deux reprises avec son homologue mauritanien. Aucun n'a fait de déclaration publique.

"Les deux hommes ont ceci de commun d'être contre une intervention militaire en Gambie qui, pour eux, constituerait un précédent dangereux" dans la région, a confié à l'AFP une source diplomatique mauritanienne, sans plus de détails.

M. Condé devait se rendre à Banjul vendredi, puis à Dakar, selon des diplomates en Mauritanie et en Gambie. Il n'était pas clairement indiqué que le président mauritanien effectuerait le déplacement avec lui.

"C'est la dernière chance pour Jammeh", a commenté à l'AFP un diplomate en poste à Banjul.

Selon des journalistes sur place, la nuit a été calme dans la capitale gambienne qui, après l'investiture d'Adama Barrow, a enregistré jeudi après-midi des manifestations de joie n'ayant pas été réprimées par les militaires présents.

Le chef d'état-major de l'armée, le général Ousman Badjie, longtemps considéré comme un pilier du régime de Yahya Jammeh, a même été vu participant à la liesse des partisans de M. Barrow.

L'opération "Restaurer la démocratie" a été lancée à partir du territoire sénégalais, dans lequel la Gambie est totalement enclavée à l'exception d'une étroite façade côtière, après le vote unanime d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU.

Un total de 7 000 hommes de cinq pays - Sénégal, Nigeria, Ghana, Togo, Mali - sont mobilisés, a assuré Marcel Alain de Souza. Les troupes africaines, entrées par plusieurs points du territoire gambien, ont avancé sans rencontrer de résistance de la part de l'armée ou de la police, indique une source de sécurité gambienne à l'AFP.

Imprévisible et accusé de violations des droits de l'homme par de nombreuses ONG internationales, Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir à 29 ans en 1994 par un coup d'État sans effusion de sang, dirigeait depuis le pays d'une main de fer.

Malgré les pressions internationales, abandonné au fil des jours par sa vice-présidente et plusieurs de ses ministres, il s'est obstiné à demeurer en place tant que la justice n'aurait pas statué sur ses recours électoraux.

Le risque de troubles ou d'intervention militaire a poussé de nombreux Gambiens, résidents étrangers et touristes à quitter le pays. Selon les agences de l'ONU, quelque 25 000 personnes, dont une moitié d'enfants, en sont parties depuis le début de la crise.

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