L'État se mobilise pour rassurer sur la gratuité de l'enseignement

L'État lance une campagne massive pour déconstruire la polémique sur la fin de la gratuité à l'école publique.

Par et

Crédit : Rachid Tniouni

L’offensive est générale. L’État cherche à rassurer l’opinion publique suite à la polémique sur la fin de la gratuité de l’école. Depuis que le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a donné son aval à la loi-cadre de Benkirane qui ouvre la voie à une fin partielle de la gratuité de l’école publique, les différents acteurs du milieu sont montés au créneau. Ils reprochent à la loi d’instaurer des frais d’inscription à partir du lycée pour les familles qui en ont les moyens.

Pour rassurer, le président du CSEFRS, Omar Azziman, s’est expliqué lors de son passage dans l’émission Confidences de presse le 4 décembre sur 2M. Il rappelle que le Conseil a seulement recommandé de diversifier les sources de financement de l’école publique à partir du lycée dans le cadre de la vision stratégique 2015-2030 qu’il a rédigée, mais que, à aucun moment, les famille nécessiteuses n’auront à payer quoi ce soit. « On sait que malgré l’effort financier de l’État, on ne pourra pas atteindre les objectifs. Diversifier les sources de financement est quelque chose de nécessaire et obligatoire pour réhabiliter et mettre à niveau l’école marocaine. Il n’y a pas d’autres choix possibles » justifie-t-il.

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Azziman précise que, de toute façon, ce sera le gouvernement qui décidera à la fin : « Si le gouvernement décide de trouver d’autres sources de financement, on aura alors participé avec des propositions dans ce sens. Le gouvernement peut néanmoins trouver d’autres idées ».

Le message du grand patron du Conseil a été réitéré par le secrétaire général du Conseil, Abdellatif El Moudni, le 5 décembre dans une interview donnée à l’agence MAP. « Le Conseil n’a jamais parlé d’annulation de la gratuité et n’a exprimé aucune position de nature à amener l’abrogation ou la remise en cause » a-t-il déclaré, mentionnant également l’importance de diversifier les sources de financement.

Des réunions dans tout le royaume

Et pour être sûr que le message sera bien reçu, le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad a, lui aussi, pesé de tout son poids. Il a ordonné à des gouverneurs et walis de rencontrer le 2 décembre les associations des parents d’élèves, les responsables régionaux et provinciaux de l’éducation nationale afin de calmer les esprits.

« Ils ont promis de ne pas revenir sur la gratuité » rapporte Mohamed Qnouch, ancien président de la Fédération nationale des parents d’élèves à Telquel.ma, qui a débriefé le lendemain avec toutes les sections. Les gouverneurs et walis se sont employés à expliquer comment ces frais d’inscription seront appliqués uniquement pour les familles les plus aisées à partir du lycée. Ils ont alors voulu clarifier le contenu du projet, en rappelant qu’il était conforme à la vision stratégique 2015-2030.

« Le wali a bien expliqué que c’était seulement une idée du conseil, qu’il n’y avait aucune obligation et que rien n’était fait », claironne Mohamed Berazouk, président de la Fédération nationale des parents d’élèves de la section de Fès. « Pour nous les parents, la gratuité est une chose sacrée et on a été rassurés de voir que le wali nous soutenait afin que l’État continue à prendre l’école en main ».

 

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