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Le joueur typique africain, puissant mais absentéiste pour Willy Sagnol

novembre 05
11:22 2014
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Willy Sagnol, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux, est au centre d'une polémique après des propos sur les qualités supposées du "joueur typique africain". Son ex-partenaire en Bleu, Lilian Thuram, de l'association SOS Racisme, monte au créneau.

Tout est parti d'une vidéo mise en ligne mardi 4 novembre sur le site du quotidien Sud-Ouest après un face-à-face du coach des Girondins avec les lecteurs. Sagnol y dit d'abord que tant qu'il restera « entraîneur du club, il y aura beaucoup moins de joueurs africains qui rejoindront les rangs des Girondins de Bordeaux, parce que (il n'a) pas envie de (se) retrouver avec 12 joueurs qui une fois tous les deux ans se "barrent" pendant deux mois ». Il était alors interrogé sur la façon dont il allait gérer l'absence de joueurs africains retenus par la prochaine CAN, censée avoir lieu au Maroc en janvier et février 2015.

Tout en soulignant l'importance pour les clubs français du réservoir africain, le technicien bordelais juge ensuite que "l'avantage du joueur typique africain, c'est qu'il est pas cher quand on le prend, c'est un joueur qui est prêt au combat généralement, qu'on peut qualifier de puissant sur un terrain".

"Mais le foot, ce n'est pas que ça. Le foot c'est aussi de la technique, de l'intelligence, de la discipline, il faut de tout. Des Nordiques aussi. C'est bien les Nordiques, ils ont une bonne mentalité", ajoute l'ancien joueur du Bayern Munich.

Thuram déçu, SOS Racisme demande des sanctions

Connu pour ses combats antiracistes, Lilian Thuram, son partenaire de la défense des Bleus lors de la finale du Mondial 2006, s'est dit "surpris et déçu" sur Europe 1.

"Ca me surprend effectivement, parce qu'il n'a jamais tenu ces propos avant", explique-t-il, avant d'ajouter: "Malheureusement il y a toujours eu des préjugés sur les personnes venant d'Afrique, les personnes qui sont noires ; on les enferme toujours dans leur force et on nie chez eux une certaine intelligence. Ces propos, ça conforte ces préjugés-là".

"Je crois quand même qu'en équipe nationale ou en club, (Sagnol) a dû jouer avec des joueurs d'origine africaine et il a pu peut-être constater quand même qu'il y avait des joueurs intelligents, disciplinés, qui étaient très bons tactiquement, a poursuivi l'ancien capitaine des Bleus. Je suis vraiment surpris et déçu de tout ça".

SOS Racisme a aussi dénoncé dans un communiqué les propos de Sagnol, qui "renvoient à une expression décomplexée du racisme anti-noir", et a fustigé "l'association crasse des "Noirs" et des "Nordiques" respectivement aux registres du physique et de l'intelligence".

SOS Racisme demande "que les instances - FFF, LFP et ministère des Sports - prennent des sanctions immédiates à la hauteur de la gravité de tels propos" et "étudie la possibilité de déposer une plainte dans les jours qui viennent".

Colère de Sagnol

"Willy Sagnol éprouve un sentiment d'incrédulité et de colère face à l'interprétation erronée et raccourcie de ses propos", a fait savoir, dans un communiqué, le club bordelais qui a accueilli cette polémique avec "stupeur et indignation".

Les Girondins rappellent aussi que l'entraîneur bordelais a confié le capitanat à l'international sénégalais Lamine Sané, "ce qui démontre la mauvaise foi de ceux qui interprètent les propos de notre entraîneur".

Le précédent Laurent Blanc

Cette polémique rappelle évidemment le coup de tonnerre dans le foot français quand, le 28 avril 2011, le média d'investigation en ligne français Mediapart lançait que des "quotas discriminatoires officieux" pour les binationaux avaient été approuvés par "plusieurs dirigeants de la FFF, dont (Laurent) Blanc", alors sélectionneur. Le 30 avril, le site d'informations diffusait le verbatim d'une réunion de la Direction technique (DTN) sur le cas des bi-nationaux, enregistrée le 8 novembre 2010, à l'insu des participants. Blanc y prononçait deux phrases qui firent scandale : "Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks", et « les Espagnols, ils m'ont dit : "Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas"». Le sélectionneur, qui avait présenté ses excuses, fut finalement dédouané après enquête fédérale et ministérielle.

Meurtri et soumis à une pression médiatique intense, Blanc avait "songé à démissionner" comme il l'avait confié plus tard à l'AFP.

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