Depuis 2010, le British Council soutient le Maroc dans la modernisation et l’internationalisation de son système d’enseignement et de formation techniques et professionnels à travers divers projets qui l’aident à mieux répondre aux besoins du marché du travail, en réalisant des progrès significatifs dans l’amélioration de l’employabilité, de l’adaptabilité et de la compétitivité.
La coopération a débuté avec le programme Skills for Employability, suivi du programme Kafaat Liljamia financé par l’UE puis, plus récemment, du programme Going Global Partnerships TVET. Au cours des 15 dernières années, le British Council a collaboré avec des partenaires locaux et internationaux pour élargir l’accès aux programmes d’enseignement et de formation techniques et professionnels. Ce type de programmes est de plus en plus important, notamment pour les économies émergentes telles que le Maroc, qui a fait de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels une priorité nationale. Ces mesures lui ont permis de mieux résister et de mieux réagir aux évolutions économiques et sociales dans un monde de plus en plus globalisé.
Répondre à la demande mondiale croissante en énergies renouvelables
Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, le secteur des énergies renouvelables comptait au total 16,2 millions d’emplois dans le monde en 2023, contre 13,7 millions en 2022. Cette tendance à la hausse devrait se poursuivre car de plus en plus de gouvernements adoptent les énergies renouvelables et réduisent les émissions de carbone afin d’atténuer les effets négatifs du changement climatique.
Le programme Going Global Partnerships TVET est déployé depuis 2021 au Maroc par le British Council en partenariat avec le département de la formation professionnelle du ministère, l’Office de la Formation professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) ainsi que les Instituts de Formation aux Energies renouvelables et à l’Efficacité énergétique (IFMEREE). Le programme vise à soutenir le développement d’un système d’enseignement professionnel au Maroc qui puisse répondre aux exigences croissantes en matière de compétences et aux besoins industriels de l’économie verte au Maroc et au Royaume-Uni. Il englobe l’élaboration de programmes d’études, le renforcement des capacités des formateurs et le renforcement institutionnel, dans le but de soutenir les objectifs de transition écologique des deux pays.
Le programme a permis à plus de 30 formateurs et à cinq responsables d’instituts d’acquérir des compétences de pointe, améliorant ainsi les résultats pédagogiques de plus de 1 000 étudiants. En partageant des ressources et des méthodes de formation innovantes bénéficiant du soutien du Devon and Cornwall Training Provider Network, des outils d’assurance qualité développés par le South Eastern Regional College en Irlande du Nord dans le cadre de l’apprentissage basé sur des projets, une introduction aux technologies de l’hydrogène vert par le Petroc College dans le Devon et de nombreuses bonnes pratiques, le British Council a permis aux établissements de formation marocains d’aligner leurs programmes sur les normes internationales de l’industrie. Les établissements d’enseignement supérieur britanniques ont contribué à actualiser et à enrichir les programmes d’études sur les énergies renouvelables de l’IFMEREE en introduisant des approches et des connaissances novatrices, qui ont depuis été largement partagées par les trois instituts.
L’importance des partenariats industriels
La consolidation du secteur de la formation nécessite une approche globale qui garantisse à la fois la qualité et la pertinence, et dans laquelle les partenariats avec le secteur privé jouent un rôle transformateur crucial. À titre d’exemple, la coopération intersectorielle entre le Lincoln College Air & Space Institute au Royaume-Uni, l’Institut marocain des Métiers de l’Aéronautique (IMA) et le Groupement des Industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) favorisent le développement de compétences spécialisées dans l’aéronautique, l’une des industries marocaines les plus dynamiques.
En collaborant étroitement, les institutions de formation et le secteur privé élaborent des programmes d’études adaptés aux besoins de l’industrie, fournissent une expertise technique et des opportunités de stages et d’apprentissage qui offrent aux étudiants une expérience pratique et concrète des méthodes industrielles utilisées dans le monde réel. Ceci est particulièrement important dans les secteurs tels que l’aéronautique et l’énergie verte, qui nécessitent des programmes de formation évolutifs pour être adaptés aux besoins futurs en main-d’œuvre.
Renforcer la résilience face à l’évolution des besoins du marché
Pour que les programmes de formation professionnelle puissent garder leur pertinence, leur crédibilité et leur efficacité, il est essentiel que les partenaires soutiennent les révisions régulières des programmes pédagogiques afin qu’ils reflètent les innovations technologiques et les exigences spécifiques au secteur. De plus, les prestataires de formation sont appelés à créer des mécanismes complets d’assurance qualité, prenant en compte le retour d’expérience des employeurs, des études de suivi des diplômés et des évaluations des performances institutionnelles, qui favorisent l’amélioration continue et l’alignement sur l’évolution des besoins du marché.
La durabilité est une autre dimension importante de la formation, et pas uniquement dans le domaine des énergies renouvelables. En s’appuyant sur l’outil d’auto-évaluation « Greening TVET » du British Council, les institutions de formation professionnelle peuvent aider à intégrer les principes de durabilité environnementale dans les programmes pédagogiques des différents secteurs. À travers cette approche, les apprenants seront préparés aux exigences d’une économie verte, y compris les différentes compétences et pratiques durables nécessaires dans les différentes industries.
Possibilités de consolidation des programmes d’EFTP
Grâce à sa longue expérience en formation professionnelle au Maroc et dans d’autres pays, le British Council a identifié plusieurs possibilités d’amélioration de ses interventions, notamment le renforcement de la coordination entre les différentes parties prenantes. Par ailleurs, on peut également rendre la formation professionnelle plus attrayante pour les apprenants en mettant davantage en valeur les possibilités de réussite professionnelle qu’elle offre, en changeant les perceptions traditionnelles qui privilégient les carrières académiques par rapport aux métiers qualifiés. Les mesures visant à améliorer la qualité, y compris la certification des compétences et l’engagement des employeurs, garantiront que les diplômés sont mieux préparés pour le marché du travail. Finalement, la promotion d’une plus grande inclusion, en particulier pour les jeunes des zones rurales et d’autres communautés insuffisamment desservies, favorisera un accès plus large aux débouchés qu’offre la formation professionnelle et qui contribuent à l’équité sociale et au développement des individus, de leurs familles et de leurs communautés.
Par Alexandra Balafrej, Country Director & North Africa Cluster Arts Lead

Alexandra Balafrej a rejoint le British Council en décembre 2022 pour favoriser les liens, la compréhension et la confiance entre le Maroc et le Royaume-Uni, en améliorant l’accès à la langue, à l’éducation et à la culture du Royaume-Uni.
Après un début de carrière dans le secteur privé à Paris, Alexandra a passé trois ans en Australie, où elle était en charge de la collecte de fonds et de la communication pour une grande organisation publique. Elle vit au Maroc depuis plus de vingt ans, où elle a travaillé dans le cadre de nombreuses initiatives financées par l’USAID et le MCC, axées sur l’éducation, l’employabilité des jeunes et l’engagement de la société civile. Elle a également dirigé une fondation artistique privée basée au Maroc.
En tant que consultante internationale pour des organisations telles que l’UNESCO, la CNUCED et l’Union européenne, Alexandra a fourni une assistance technique stratégique à des projets et à des initiatives gouvernementales en Afrique de l’Ouest, en Europe, en Afrique du Nord, en Ukraine et au Viêt Nam.
Elle est diplômée de Sciences-Po Paris et parle couramment l’anglais, le français, l’arabe marocain et le russe.