Le bras de fer continue entre Niamey et Paris, alors que Macron réfute à la fois tout “paternalisme” ou “faiblesse”

Le président français Emmanuel Macron a réfuté lundi tout “paternalisme”, mais aussi toute “faiblesse” de la France en Afrique alors que le Sahel fait face à une “épidémie de putschs”.

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Le président français Emmanuel Macron prononce un discours pour exposer la stratégie remaniée de la France pour l'Afrique avant sa visite en Afrique centrale, à l'Elysée à Paris, le 27 février 2023. Crédit: Stefano Rellandini/AFP

Ni paternalisme ni faiblesse parce que sinon on n’est plus nulle part”, a-t-il dit devant les ambassadeurs de France réunis à l’Élysée, en appelant aussi les pays du Sahel à avoir une “politique responsable” en la matière. “La faiblesse que d’aucuns ont montrée à l’égard des putschs précédents a nourri des vocations régionales. Il y a une épidémie de putschs dans tout le Sahel”, a-t-il déploré.

Emmanuel Macron a salué lundi le travail des diplomates français dans des conditions difficiles, citant en particulier la situation au Niger où l’ambassadeur est toujours en poste, bien que les militaires ayant pris le pouvoir aient demandé son départ.

“Les putschistes n’ont pas autorité” pour demander le départ de l’ambassadeur

MAE français

La France et les diplomates ont été confrontés ces derniers mois à des situations dans certains pays particulièrement difficiles, que ce soit au Soudan où la France a été exemplaire, au Niger en ce moment même et je salue votre collègue et vos collègues qui écoutent depuis leur poste”, a déclaré le président français dans un discours aux ambassadeurs à l’occasion de leur réunion annuelle.

Les militaires qui se sont emparés du pouvoir au Niger le 26 juillet, et retiennent prisonnier depuis le président renversé Mohammed Bazoum au palais présidentiel, ont pris la France, l’ex-puissance coloniale, pour cible privilégiée.

Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir, avec à sa tête le général Abdourahamane Tiani, a demandé vendredi soir le départ de l’ambassadeur de France en poste à Niamey, Sylvain Itté. Le CNSP a également dénoncé les accords militaires entre Niamey et Paris.

Des milliers de personnes favorables au coup d’État ont manifesté dimanche à proximité de la base militaire française à Niamey, brandissant des pancartes demandant notamment le départ des troupes françaises.

Mais la France oppose une position de fermeté, arguant qu’elle ne reconnaît pas le régime militaire. “Les putschistes n’ont pas autorité” pour demander le départ de l’ambassadeur, a ainsi fait savoir le ministère des Affaires étrangères vendredi soir.

Paris soutient aussi la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans toute action pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger.

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